Les impacts du
confinement
Presque plus de la moitié de la population mondiale est aujourd’hui confinée à domicile de manière plus au moins forcée pour éviter la propagation du nouveau Covid-19.
Les Marocains ne sortent pas du lot et se trouvent depuis le 16 mars
confinés. Cette décisions prise par les autorités compétentes s’étend jusqu’au 20 avril. Elle a pour but de
permettre aux populations de respecter les restrictions sanitaires liées au
Coronavirus. Les appréciations et les appréhensions varient selon la catégorie
d’âge et du sexe et même de la catégorie socioprofessionnelle.
Le ressenti va de l’inquiétude et du manque de visibilité
par rapport à l’évolution future de la pandémie pour atteindre un niveau de
détresse psychologique complexe. La détresse socio-économique qui révèle la
crainte de pertes de revenus durant les mois à venir et même la crainte de
reprendre l’activité, normalement post-
coronavirus n’est pas exclue.
Le confinement est différemment ressenti par les marocains. Certes la situation n’est pas agréable, estime une femme active. Les tâches ménagère se font et se refont chaque jour et l’ennui commence à s’installer, poursuit-elle, en ajoutant que le confinement lui a permis de vivre une nouvelle expérience professionnelle qu’est le télétravail.
Ce mode de travail nous permet, dit-elle, de garder le lien avec les collègues et de profiter de gain en termes de temps et de coût de déplacement. Néanmoins, cela ne lui empêche pas de s’inquiéter par rapport à l’évolution de la situation durant les prochains mois. Notamment, en ce qui concerne le remboursement de ses échéances de crédit immobilier…
D’autres personnes ne vivent pas trop mal le confinement.
Une Institutrice vacataire confirme que la solution pour contrecarrer le
changement de rythme et de mode de vie qu’implique le confinement renvoie au
respect des bonnes habitudes. «J’essaie de ne pas céder au climat anxiogène
et je profite pour lire énormément et écrire aussi…le soir j’arrête de
regarder les informations pour éviter l’anxiété et je profite pour jouer avec
mes deux enfants», conclut-elle.
«Je suis privée de ma liberté, mais c’est pour la bonne
cause», nous confie une maman au foyer. Le «confinement nous permet de se
retrouver en famille». Pour cette femme au foyer, il faut prendre le
confinement du bon côté pour freiner
l’évolution du virus.
Outre ce qui précède, une enseignante du primaire ne vit pas
trop bien le confinement à cause de l’ennui au quotidien. Toutefois, cette
situation exceptionnelle lui a permis de se rapprocher de sa fille qui entame
sa vie d’adolescente et de découvrir ensemble de nouvelles recettes de cuisine.
Les appréciations varient aussi selon l’harmonie qui règne au sein des couples. La propriétaire d’un magasin de prêt à porter qui a été contrainte de le fermer aussi ne supporte pas trop ces jours de confinement. Elle aurait aimé aller au quotidien à son travail pour éviter de rester aussi longtemps que possible à la maison, surtout que son mari lui aussi ne travaille pas et a décider de suspendre son activité commerciale à cause du coronavirus. Au-delà de ces sentiments de maque de liberté, le couple se trouve en arrêt de travail, et donc, zéro entrée d’argent pendant cette période.
La crainte pour cette femme qui emploie près de 10 personnes (comptable, secrétaire, vendeuses, coursier, …) est d’être dans l’incapacité d’honorer ses engagements avec ses employés et avec les banques. Sans oublier les frais de scolarité qui vont tomber vers la fin de ce mois. La situation, regrette-elle, est chaotique et inquiétante. Le stress augmente aussi par rapport au manque de visibilité quant à la reprise de l’activité économique dans les mois à venir et à l’ouverture des frontières.
D’autres commencent à s’habituer au confinement. «La
première semaine a été très dure pour moi qui suis hyperactive », nous
confie une femme très active dans la société civile. Paradoxalement, dit-elle, « j’ai commencé à prendre plaisir à
rester chez moi avec les enfants, à me rapprocher d’eux, à travailler avec eux,
à jouer avec eux sans le stress extérieur». Néanmoins, elle ne cache pas sa
peur : « j’ai peur de ce qui va arriver.
Est-ce que ce cauchemar va se terminer et à quel prix? Je pense aussi à nos médecins et tout notre
personnel soignant qui se battent tous les jours contre cet ennemi viral au
péril de leurs vies. Nous vivons des moments très difficiles, sans précédents
pour lesquels ni nous ni nos enfants n’avons été préparés », regrette-elle
en s’interrogeant sur les conséquences de ce confinement sur nos enfants et sur
leur personnalité?
Le son de cloche d’un professionnel de la santé fait part de sentiments très partagés et
multiples.
Ce médecin se dit contente d’une part du confinement,
puisqu’il lui permet d’être plus avec sa
petite famille alors qu’elle ne trouvait
auparavant pas le temps à lui consacrer. Mais de l’autre côté, elle estime, que de par sa formation professionnelle, que sa place
est à côté de ses confrères et consœurs qui essayent de soigner et
sauver des vies.
Cette situation lui a permis de prendre conscience des
choses les plus simples de la vie « maintenant j’ai tout mon temps (le
cabinet tourne au ralenti et je
travaille juste pour recevoir les cas d’urgence), je ne peux pas le partager avec ma grande
famille et frères et sœurs », regrette-elle. Et de poursuivre que le confinement
ne l’empêche pas de penser aux personnes en situation difficile qui n’arrivent
à subvenir à leur faim où à payer leurs loyers.
Sa colère remonte dès qu’elle pense aux personnes qui ont pendant des années dénigré le travail et
l’effort du corps médical à qui on demande aujourd’hui de se consacrer pour
sauver des vies avec des moyens limités et des risques très élevés. L’attitude
et le comportement de certains citoyens
sont jugés scandalisant et irresponsable
pour semer la haine et la zizanie au sein de la société.
C’est dire que les médecins ne sortent pas du lot. Les
répercussions du confinement se font sentir sur leur quotidien. Non seulement,
les risques de contamination sont très élevés à cause du manque des masques et
des gels hydroalcooliques et des matières premières médicales, mais ils sont
obligés d’ouvrir et de recevoir le nombre réduit de malade et parfois de
traiter juste les cas d’urgence…
Fairouz El Mouden
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Auteur: M’hammed rahal
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