Covid-19 et risques des eaux usées

La présence des traces du nouveau coronavirus dans des échantillons de selles et d’expectorations (crachats, etc.) des personnes déjà contaminées par le Covid-19, selon des études menées dans d’autres contrées, a soulevé la question d’un risque de propagation du virus à travers les eaux usées ou leur réutilisation.

Au Maroc, les débats ont rapidement abordé ces questions surtout que des eaux usées sont versées dans des oueds et des rivières dont une bonne partie de l’eau sert à l’irrigation. Dans une déclaration au site Nafas.ma, le virulogue Mustapha Naji, expert en virulogie à l’université Hassan II de Casablanca, a confirmé que les eaux usées étaient porteuses du génome du Sars-CoV-2 puisque les personnes contaminées l’évacuaient dans leurs selles. Et de souligner que des études ont montré la présence du virus d’un taux de plus de vingt fois. Mais, a-t-il rassuré, cette présence du virus reste faible par rapport à ce qu’elle était auparavant, mettant toutefois en garde contre l’utilisation des eaux usées avant leur traitement pour irriguer ou tout autre usage.

C’est pourquoi d’ailleurs, le ministère de l’Intérieur vient d’interdire toute utilisation non réglementaire des eaux usées. Dans une notre adressée aux walis et gouverneurs dans les régions, les autorités compétentes du ministère de l’Intérieurs ont mis en garde contre l’utilisation non réglementaire des eaux usées et les risques de contamination qui en découlent.D’après des sources à l’Institut Pasteur Maroc, des études sont effectuées aujourd’hui sur des eaux traitées de façon adéquate à partir des eaux usées pour vérifier si des traces du génome de coronavirus seraient présentes après leur traitement.

En attendant, les résultats de ces études, les autorités compétentes rappellent que «toute utilisation des eaux usées est fixée par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur, notamment la loi sur l’eau, le décret relatif à l’utilisation des eaux usées et l’arrêté fixant les normes de qualité des eaux destinées à l’irrigation». De ce fait, insistent les autorités du ministère de l’Intérieur, aucune eau usée ne peut être utilisée si elle n’a pas été préalablement reconnue épurée et conforme à la norme.

Ainsi, pour éviter toute éventuelle propagation du coronavirus via ce canal, les walis et les gouverneurs sont invités à prendre les dispositions nécessaires pour interdire toute utilisation non réglementaire des eaux usées. Rappelons que dans des études menées ailleurs, des personnes qui ont contracté la COVID-19 et dont les prélèvements par le nez étaient devenus négatifs présentaient toujours des traces du virus dans des échantillons de selles et d’expectorations (crachats, etc.).

De même, des analyses détaillées ont montré que les crachats et les selles de ces patients sont restés infectés par le SRAS-CoV2 de 13 à 39 jours après que les résultats d’échantillons obtenus par le nez se sont révélés négatifs.Par ailleurs, chez les patients infectés dans cette méta-analyse, jusqu’à 48 % ont de l’ARN viral détectable dans leurs selles. Ceux atteints de diarrhées ont beaucoup plus de particules virales que les autres. Cela traduit un état de fait inquiétant : le virus pourrait se transmettre par la voie fécale, font remarquer les études en question.

B.Amenzou

Auteur: M’hammed rahal
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