Alger, 15e vendredi. Photo : Farouk DUne marche imposante a eu lieu en ce 15e vendredi de mobilisation à Alger. Les manifestants, plusieurs centaines de milliers, ont chargé le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah et exprimé leur refus de dialoguer avec Bensalah et Bedoui.
13h45 à la rue Didouche. Des manifestants, munis de drapeaux algérien et palestinien ainsi qu’ d’un portrait de Taleb Ibrahimi, scande « Ya ouled frança dégage (agents de la France, dégagez !) ». Un peu plus bas, une foule nombreuse et variée crie en marchant : « pouvoir assassin », « fraternité entre le peuple et l’armée, Gaïd est avec les traitres ». Les manifestants semblaient en colère contre le chef d’état-major de l’armée qu’ils soupçonnent de nourrir des projets pour instaurer un régime militaire en Algérie.

A Place Audin, des jeunes hissent une banderole sur laquelle est écrit : « Libérez les détenus d’opinion », au dessous d’un grand portrait de Fekhar, au milieu des chants « Ghardaïa chouhada (les martyrs)».
Les marcheurs, comme à chaque vendredi, depuis le 22 février dernier, ont transcrit leurs revendications et positions politiques sur des pancartes et autres écriteaux. « Non au dialogue avec le gang, oui pour le dialogue avec les hommes d’honneur », « Dégagez, laissez nous construire l’Algérie de demain », « Oui pour la déclaration des savants (religieux) de la nation », « Le premier pas avant le dialogue est le départ de Bedoui et Bensalah ».

On pouvait lire aussi, un peu partout au centre de la capitale, : « Nous réclamons la libération de la justice », « Ce n’est pas un Hirak, c’est une révolution », « une assemblée constituante souveraine pour abattre le système », « Le peuple luttera avec rage pour la liberté d’expression et l’indépendance de la justice » ou encore « Non au règne des militaires, non à la bande de malfaiteurs », « Oui pour un gouvernement de transition » et « Généraux, écoutez le peuple ou bien partez ! »

15h00. La Grande poste, quadrillée par un imposant dispositif policier, apparait, depuis le jardin Sofia, comme une île bleue dans un océan coloré. Alors que de jeunes manifestants tentaient d’entrainer la foule pour reconquérir la belle bâtisse, devenue un des symboles de la révolution pacifique, d’autres manifestants, plus sages, parviennent à convaincre la foule d’aller vers la Place des martyrs. Les milliers de manifestants qui ont emprunté le front de mer ont marqué une pause devant le siège de l’APN pour crier : « Parlement de traitres » et « Voleurs, vous avez mangé le pays ! »

Vers 15h30, la foule, composée d’hommes et de femmes de tous les âges, parfois accompagnés de leurs enfants, s’installe au centre de la Place des martyrs pour scander, encore une fois, des slogans hostiles à Gaid Salah. Les manifestants ont également chanté pour Ahmed Ouyahia auquel ils ont souhaité « de manger une soupe aigre à la prison d’El Harrach ». Ils ont commencé à se disperser à partir de 16h00.
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Auteur: Farouk Djouadi
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