Autant les tenants du pouvoir s’accrochent à l’élection présidentielle, autant les manifestants dans l’est du pays, persistent dans leur exigence du départ de tous les symboles du pouvoir, premier préalable à toute initiative de sortie de crise.

«Aucun dialogue ni élection sous le règne de la îssaba !», a-t-on clamé à Oum El Bouaghi où les marcheurs ne désarment pas et sont résolus à balayer tous les anciens du système. Le slogan «Yetnahaw gaa», après une éclipse, est remis sur le tapis. A El Tarf, les hirakistes l’ont scandé haut et fort, comme pour rappeler l’objectif de ce mouvement citoyen qui, depuis six mois, affiche une mobilisation sans faille. Les manifestants se sont montrés très déterminés. «Elle arrive, elle arrive, la désobéissance civile» pour rendre la pareille à Ahmed Gaïd Salah qui rejette en bloc les démanches qui ne sont les siennes.

Le fait à mettre en exergue, ce vendredi à Biskra, est que les protestataires ont longuement conspué et vivement vitupéré les médias nationaux, notamment les télévisons et leurs journalistes en général, accusés d’être des «brosseurs intermittents» de l’homme fort du moment.

Pour Youcef Ghellouci, l’un des éléments les plus en vue du hirak à Souk Ahras, le plus difficile reste à réaliser : «Les marches seront maintenues à travers le pays. C’est surtout l’aspect pacifique du hirak et la responsabilité de ses initiateurs qui viendront à bout des tentatives d’usure et d’infiltration.» «Nous n’allons pas lâcher prise. Nous sommes le dernier rempart pour faire barrage à ceux qui veulent usurper notre mouvement citoyen et pacifique», précisent des marcheurs à Guelma.

Comme d’habitude, les slogans contre le «pouvoir des généraux» et pour l’Etat civil ont été scandés à Jijel, alors que quelques manifestants demandaient à «ceux qui veulent le pouvoir des militaires, qu’ils aillent en Egypte».

UN MANIFESTANT LIBÉRÉ

A Batna, alors qu’il était en train de filmer le rassemblement avec son téléphone portable, un jeune manifestant est interpellé par un policier, lui demandant de le suivre et lui remettre son téléphone. Ce que le jeune homme refuse de faire. L’agent décide alors de l’embarquer. La scène n’a pas échappé aux centaines de manifestants, qui ont décidé de pourchasser le policier en scandant «Silmiya, silmiya !», «Dawla madania, machi policia !». Sous la pression de la foule, le jeune manifestant a été relâché.

Des pressions sont aussi exercées sur les hirakistes à Khenchela. Hier, c’était l’occasion pour les manifestants de soutenir les activistes locaux poursuivis en justice pour «incitation à manifester contre le pouvoir». Des slogans dénonçant le dialogue initié par Karim Younès appelaient le régime à «faire preuve de sagesse» et «transférer le pouvoir au peuple à travers un dialogue qui doit être mené avec les jeunes du hirak et pas avec des opportunistes appartenant au régime bouteflikiste».

En ce vendredi, les manifestants tébessis ont focalisé leurs revendications sur le dernier discours du chef d’état-major : «L’intervention de Gaïd Salah depuis Blida disait que les fondamentales revendications ont été satisfaites et ne reste que celle de la présidentielle ! Rien n’est satisfait tant que la bande existe toujours et c’est elle qui organisera les élections.»

Dans le même esprit, les mêmes emblèmes et les mêmes itinéraires, les manifestants de Bordj Bou Arréridj ont réclamé la libération des détenus d’opinion et l’incarcération de ceux qui ont siphonné les richesses du pays.

Correspondants

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Auteur: Hicham Chouadria
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