Des citoyens dans différentes wilayas du pays ont marché pacifiquement pour le 27e vendredi consécutif, pour réitérer leurs revendications appelant, notamment au «changement du système» et au «respect de la volonté du peuple», tout en insistant sur la lutte contre la corruption, ont constaté les correspondants de l’APS.
Les citoyens des wilayas dans l’est du pays ont battu le pavé des différentes artères des villes dans le calme et la sérénité, au milieu de dispositifs sécuritaires déployés à différents points sensibles de ces villes, afin d’éviter tout éventuel dérapage.
Des groupes, dont certains citoyens étaient enveloppés dans l’emblème national, ont appelé la justice à poursuivre son travail de lutte contre la corruption et la récupération des fonds dérobés. Les manifestants, moins nombreux que vendredi dernier dans certaines wilayas, ont sillonné les rues de leurs villes brandissant des banderoles sur lesquelles étaient écrits : «Silmiya, silmiya» (Pacifique, pacifique), pour appeler à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution qui stipulent que «Le peuple est source de tout pouvoir». D’autres groupes parmi les manifestants criaient «Al sabi’a wa thamina» (le 7e et le 8e), en référence aux articles 7 et 8 de la Constitution, affichant leur détermination à poursuivre leur mouvement jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Dans le centre du pays, la mobilisation était au rendez-vous de ce 27e vendredi à Tizi Ouzou et à Béjaïa, où des citoyens ont revendiqué le «départ de l’ancien système», la «lutte contre la corruption» et «l’instauration d’un État démocratique». Encouragés par la fraîcheur relative du climat, les manifestants ont sillonné les principales artères de ces villes, en scandant les principaux slogans adoptés depuis le début du mouvement populaire, le 22 février dernier. À Boumerdès, Blida, Chlef et Djelfa, des dizaines de citoyens ont également manifesté, réclamant «l’éradication de la corruption à tous les niveaux» et le «jugement de tous les responsables de la crise que vit le pays». Les manifestants ont réclamé, à travers leurs slogans, «le respect de la volonté populaire», «l’application des articles 7 et 8», ainsi que l’amorce d’un réel développement du pays, en valorisant les compétences nationales.
Dans l’ouest du pays, les participants à la marche populaire pacifique ont scandé des slogans glorifiant les martyrs de la Révolution du 1er novembre 1954, et appelé à un consensus entre les différentes franges de la société et de la scène politique, idéologique et culturelle, afin de sortir de la crise actuelle. Les manifestants ont appelé à «l’application de l’article 7 de la Constitution pour une Algérie libre, démocratique et moderne», «le pouvoir au peuple», et leur «refus de dialoguer», soutenant que «c’est au peuple de choisir son président». Ils ont réclamé la «libération des personnes arrêtées, lors des marches pacifiques», ainsi que «la dissolution de certains partis politiques». Ils ont également insisté sur la continuité des marches pacifiques, jusqu’à la satisfaction de toutes les revendications du mouvement populaire, appelant à l’instauration d’un État de droit et la protection des droits et des libertés. Dans leurs slogans, les manifestants ont également appelé avec force à l’unité du peuple algérien. Entre autres slogans, également, les jeunes du Hirak ont loué la «lutte contre la corruption», appelé à des «élections propres et honnêtes» et à «une autorité indépendante pour l’organisation et la surveillance des élections». Dans le sud du pays, principalement dans la ville d’Ouargla, des groupes de citoyens se sont rassemblés dans l’après-midi au niveau de la place «Souk Lahjar», avant d’organiser une marche pacifique et un rassemblement à la place du 27-Février 1962. Les manifestants ont insisté dans leurs slogans sur la «lutte contre la corruption et le jugement des corrompus au niveau local et national», «le recouvrement des fonds dérobés» et le «départ des figures de l’ancien système».
En raison des fortes chaleurs, enregistrées actuellement dans la plupart des régions du Sud, les organisateurs de ce mouvement populaire, à l’instar des wilayas d’Adrar, d’El-Oued et de Tamanrasset, ont préféré attendre la période après la prière d’El-Asr pour organiser des marches avec les mêmes revendications politiques. Dans le cadre des activités de «Manaber El-Hirak» (tribunes du Hirak), des débats politiques ouverts sont animés autour des réformes et le changement politique escompté.
Alger
Jugement de tous les corrompus
Les citoyens sont sortis à Alger pour le 27e vendredi consécutif, réitérant leurs revendications liées au changement du système, au départ de ses symboles et au jugement de tous les corrompus. Comme à leur habitude, les manifestants se sont donné rendez-vous au centre-ville de la capitale où ils ont scandé des slogans appelant à l’édification d’un Etat de droit, à l’indépendance de la justice et à la lutte contre la corruption. Les manifestants, qui ont emprunté les principales artères de la capitale, à l’instar de la Grande-Poste, la place Maurice-Audin et le boulevard Zighout-Youcef, où un important dispositif sécuritaire a été déployé, ont également exprimé leur attachement à l’unité nationale et leur rejet de toutes les manœuvres susceptibles de porter atteinte à la cohésion du peuple algérien. La lutte contre la corruption a été vivement réclamée par les manifestants, qui ont insisté sur l’éradication de ce phénomène, appelant à juger tous les corrompus et à récupérer les fonds détournés et les biens dilapidés. Brandissant le drapeau national, les citoyens ont entonné en chœur «Djeich-chaab khawa khawa» (armée et peuple sont frères), «Djazaïr horra démocratia» (Algérie libre et démocratique) et «Silmia, silmia» (Pacifique, pacifique), tout en exprimant leur détermination à poursuivre ces marches jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Des manifestants ont, pour leur part, réclamé, lors de ce 27e vendredi de mobilisation, l’urgence d’organiser des élections présidentielles «libres et transparentes» pour mettre fin à la crise qui secoue le pays. Ces nouvelles marches interviennent au moment où l’Instance nationale de dialogue et de médiation, présidée par Karim Younès, poursuivait ses rencontres de consultation avec les partis politiques, les organisations nationales et les dynamiques de la société civile pour tenter de trouver les solutions permettant une sortie de crise. Ces rencontres ont été l’occasion de formuler plusieurs propositions, dont celles de fixer la date de la présidentielle dans les plus brefs délais et de garantir les conditions nécessaires pour la tenue d’une élection régulière et transparente, en sus de l’installation d’une instance nationale indépendante pour la surveillance de cette élection. La majorité des intervenants ont proposé de remplacer le gouvernement actuel par un gouvernement technocrate formé de compétences nationales. Ils ont également appelé à la libération des manifestants arrêtés lors du Hirak dans plusieurs wilayas, exigeant d’écarter du dialogue toute personne impliquée dans des affaires de corruption.
Il est à noter que la marche à Alger s’est déroulée dans le calme et, comme à l’accoutumée, les manifestants ont commencé à se disperser aux environs de 17h00 cédant la place aux jeunes bénévoles qui ont, dans un geste de civisme et de citoyenneté, commencé à nettoyer les lieux.
Oran
En finir avec le système
Les slogans appelant à la construction d’un Etat démocratique ont dominé la manifestation du Hirak qui a signé, hier, son 27e acte. Durant toute la marche, les manifestants qui ont défilé hier dans les rues du centre-ville d’Oran, ont repris la plupart des slogans qui ont marqué les trois derniers vendredi, précisément depuis le lancement de l’initiative du dialogue conduit par l’ancien président de l’APN, Karim Younès. Les mots d’ordres et messages contenus dans les pancartes brandies et slogans scandés, résument le rejet en bloc par les manifestants des solutions proposées pour sortir de la crise actuelle du pays. Ainsi, on pouvait lire sur certaines affiches et pancartes «Pas de vote» ; «Pas de dialogue». Dans le même sillage, d’autres messages véhiculés par les marcheurs, reflètent leur refus d’une quelconque représentativité du Hirak «Non aux leaderships». Ainsi, de nombreux slogans hostiles au panel, ses responsables et le conseil consultatif ont été scandés par les manifestants.
D’autres sont quasiment les mêmes qui reviennent, chaque vendredi, depuis le début du Hirak. Ils se croisent dans deux principales revendications, l’attachement au caractère démocratique de l’Etat et le refus de la tenue de l’élection présidentielle dans les conditions actuelles et avant le changement du gouvernement et le départ de l’ensemble des responsables dont les noms renvoient à l’ancien système et à ses pratiques.
Les appels à l’application des articles 7 et 8 sont omniprésents. Hier aussi, les deux partis majoritaires au Parlement ont été décriés par les manifestants. Comme chaque vendredi et après un bref rassemblement à la place 1er-Novembre (le point de départ habituel de la marche), les manifestants ont commencé à marcher en empruntant l’itinéraire habituel de la marche qui traverse, entre autres, le boulevard Emir Abdelkader, la rue Larbi Ben Mhidi, le rond-point de la wilaya et le retour par le Front de mer.
A. S.
Bordj Bou-Arréridj
participation en baisse
Le dialogue lancé par le panel de médiation n’est pas au goût de tous les habitants de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. Les opposants à ce processus, qui devra conduire à l’organisation d’élections présidentielles, sont sortis hier pour exprimer leur refus des deux options.
Les contestataires de la feuille de route défendue par l’équipe conduite par Karim Younès ont sillonné les principales artères du chef-lieu de la wilaya pour appeler à un changement profond du système. Ce qui ne peut se faire, selon eux, avec le gouvernement actuel dont ils ont demandé le départ. Les marcheurs qui étaient drapés de l’emblème national considèrent que la mise à l’écart de tous ceux qui sont responsables de la crise actuelle du pays est le début de la solution. Ils ont appelé également à l’instauration d’un Etat démocratique. Ils n’ont pas manqué de réitérer leur attachement à l’unité nationale et ont scandé tout au long de leur parcours des slogans comme « les Algériens sont des frères ».
La chaleur torride qui a sévi hier ne les a pas empêchés d’être fidèles à leur rendez-vous hebdomadaire qui dure depuis six mois déjà, soit depuis le 22 février écoulé. En dépit de tous les acquis réalisés depuis cette date comme le renoncement de l’ancien Président de la République à un 5e mandat, le changement du gouvernement, le report des élections présidentielles et l’incarcération de plusieurs figures du système qu’ils dénoncent, ils maintiennent la pression pour aboutir à la 2e République dont ils rêvent.
Notons qu’en 6 mois aucun incident n’a émaillé les marches. Il faut relever seulement une baisse de la participation citoyenne à ce rendez-vous.
F. D.
Auteur: elmoudjahid
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