L’Académie du Royaume du Maroc et La Saison Bleue (organisateur du forum mondial de l’eau) viennent d’organiser, les 9 et 10 octobre à Tanger, la 3e édition du Blue Africa Summit.

Le Pacte sera officiellement présenté lors de la 4e édition du Blue Africa Summit prévu durant l’automne 2026

Cette année, le Sommet a été consacré à la réflexion et à la rédaction du tout premier Pacte pour une Afrique bleue durable, visant à faire profiter les 54 pays du continent de l’économie bleue. Ceci conformément aux recommandations de la 3e Conférence Océan des Nations Unies (UNOC3) organisée en juin dernier à Nice au Sud de la France.
Quatre collèges d’une centaine d’experts, représentant 30 pays du continent, se sont ainsi réunis pour ce travail, dont l’objectif est de créer la première boussole du développement océanique d’un continent dont le potentiel maritime reste largement inexploité.

Quatre axes de réflexion

Leurs réflexions ont notamment porté sur les thèmes: gouvernance et sécurité, sciences et éducation, société civile, économie et finance bleues. Et se poursuivront à travers plusieurs réunions prévues au début de l’année prochaine pour parachever la rédaction du Pacte. Lequel sera officiellement présenté lors de la 4e édition du Blue Africa Summit prévu durant l’automne 2026.
A signaler que lors du Sommet, il a été rappelé deux objectifs majeurs que SM le Roi Mohammed VI a mentionné devant les parlementaires marocains à savoir: «Mener avec sérieux l’opérationnalisation optimale des leviers du développement durable du littoral national, y compris la loi relative au littoral et le Plan national du littoral»; et «Contribuer à assurer l’équilibre nécessaire entre le développement accéléré de ces espaces et les exigences de leur protection et de mise en valeur de leurs grands atouts, dans le cadre d’une économie maritime nationale, génératrice de richesse et d’emplois».
Le Sommet a également permis de réaffirmer plusieurs principes et enjeux d’exploitation, de protection et de valorisation des océans vis-à-vis des décideurs publics et des acteurs de l’écosystème, contenus dans un document appelé «Les engagements de Tanger». Y figurent entre autres, l’urgence d’agir à tous les niveaux par la mise en place de solutions concrètes face au changement climatique, et la reconnaissance des initiatives multilatérales et juridiques récemment entrées en vigueur.


L’appel de Tanger

■ La proposition faite aux États africains de rejoindre le groupe des Ocean Pioneers, actuellement constitué par 25 pays ayant à la fois ratifié le traité BBNJ (Accord sur la biodiversité bien au-delà des Juridictions nationales) et d’intégrer la coalition pour une pause de précaution quant à l’exploitation des grands fonds marins, critères majeurs d’un véritable engagement océanique responsable;

■ L’engagement des États africains à participer, à un haut niveau politique, à la COP1 de la Haute Mer au second semestre 2026 au siège de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York ;

■ Implémenter des politiques d’adaptation face aux conséquences du changement climatique, notamment le recul du trait de côte et la pollution des écosystèmes qu’elle soit plastique ou liée aux hydrocarbures, impactant directement les stocks et la qualité des pêches et du littoral;

■ Développer des agences scientifiques collaboratives afin d’assurer un portage régional et faire avancer la recherche fondamentale ainsi qu’appliquée;
■ Mettre en place des outils de financement innovants au regard de la baisse critique de l’aide au développement et des niveaux d’endettement du continent. Le recours au secteur privé, par exemple via le private equity, et le recours à une épargne de la diaspora, à des crédits de carbone bleus dotés de la crédibilité nécessaire;

■ La reconnaissance de l’importance de l’Accord de Kunming-Montréal, (objectif: 30% d’aires marines protégées d’ici 2030);

■ La promotion des techniques de pêche durables, fondées sur l’artisanat local;

■ La nécessité d’une véritable parité, notamment sur les postes exécutifs, dans les organisations maritimes africaines et de prendre en compte le rôle majeur de la jeunesse africaine;

■ La coopération indispensable avec les autres espaces continentaux et particulièrement l’Union européenne;

■ Avancer conjointement vers une économie bleue régénérative et la résilience de l’océan à travers la mise en place d’un «Hub Africain-Européen pour l’innovation et le financement».

A.D

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Auteur: Aziz DIOUF
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