A quoi auront servi les 45 milliards de FCFA débloqués dans la réhabilitation des sociétés d’Etat camerounaises ? La question semble pertinente dans la mesure où, années après années, des milliards de francs CFA sont décaissés par l’État pour la réhabilitation de certaines entreprises étatiques. Seulement, celles-ci restent peu rentables et non compétitives. D’ailleurs, la situation a souvent irrité les institutions de Bretton Woods, en l’occurrence la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International.
En 2018, le Cameroun a injecté plus de 45 milliards de FCFA dans la restructuration des sociétés d’État en difficulté. Le montant global des contrats-plans signés sur la période 2018-2019 entre l’État du Cameroun et 15 entreprises et établissements du secteur public s’élève à un montant total de 73,4 milliards de FCFA. Cette précision est contenue dans un récent rapport de la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), logée au ministère des Finances, qui se garde néanmoins de citer les sociétés concernées.
Selon la CTR, « un contrat plan est une convention signée entre l’État et une entreprise publique pour une période minimale de 3 ans, à la suite d’un diagnostic mettant en exergue des dysfonctionnements aux plans opérationnel, technique, institutionnel, financier, stratégique, de la gouvernance… ». Ce contrat, précise-t-on, est généralement assorti d’un « plan de restructuration visant à corriger ces dysfonctionnements, en vue du rétablissement de l’équilibre d’exploitation des entités concernées ». Généralement, éclaire un expert, les postes de dépenses les plus importants du plan de restructuration sont pris en charge par l’État, actionnaire majoritaire ou souvent unique actionnaire desdites entreprises.
Mais à bien y regarder, ces sociétés nationales en difficultés sont devenues de véritables gouffres à sous pour les caisses de l’Etat. Aucune amélioration de leur situation n’est perceptible. Comme l’indiquait récemment le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, il est temps d’envisager la révision de leur modèle économique, avec possibilité d’ouvrir leur capital aux privés. Parmi ces sociétés d’Etat en éternelle réhabilitation, Louis Paul Motaze pointe du doigt la Cameroon Airlines Company (Camair-co). À propos, le Minfi se posait la question de savoir pourquoi le Cameroun ne s’inspirait pas des exemples qui réussissent en Afrique dans le même secteur, le cas d’Air Ivoire, Askay, etc., des compagnies aériennes bien qu’étant des entités publiques, fonctionnent sur le modèle économique des entreprises privées, avec le capital ouvert aux privés.
La Cameroon Postal Services (Campost) n’a jamais montré les gages d’un redressement, malgré qu’elle soit dans un contrat-plan signé avec l’Etat. Un contrat qui doit coûter 23 milliards de FCFA à l’Etat et qui prévoit la restructuration organisationnelle, opérationnelle et technique de l’entreprise. La Cameroon Telecommunications (Camtel), pour sa part, bien que disposant du monopole dans la gestion de la fibre optique n’a jamais pu tirer son épingle du jeu dans un domaine très concurrentiel, qu’est celui de la télécommunication.
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Auteur: Manuela Nomegne
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