Malgré la baisse de mobilisation, la détermination citoyenne est intacte», a laissé entendre un marcheur, hier à Tizi Ouzou, lors la manifestation du 48e vendredi de protestation pour le départ du système.

Il veut, dit-il, faire allusion à la disparition subite, dans les marches, de personnes qui se faisaient remarquer, par tous les moyens, avant les élections du 12 décembre dernier. «Les gens qui sont toujours sur le terrain depuis le 22 février 2019 sont ceux qui veulent un vrai changement du régime, pas un changement dans le régime», a martelé un autre manifestant exhibant un portrait géant de Matoub Lounès. «Cet homme est mort pour la liberté et la démocratie. Donc, nous devons continuer son combat pour la consécration d’une nouvelle Algérie, comme souhaité aussi par nos valeureux martyrs de la Guerre de Libération nationale», clame-t-il avec détermination. Les marcheurs, qui se sont regroupés avant le début de leur action, à 13h, devant le portail principal du campus de Hasnaoua, ont ainsi mis en avant l’emblème national et le drapeau amazigh, comme ils ont également déployé plusieurs pancartes sur lesquelles sont mentionnés les principaux mots d’ordre du mouvement populaire enclenché, depuis 11 mois, à l’échelle nationale, pour réclamer le départ, pur et simple, de tous les symboles du régime décriés, en bloc, par les citoyens.

Ces derniers ne cessent de stigmatiser, chaque semaine, tous les décideurs qui se sont succédé au pouvoir depuis 1962. «Nous subissons toujours les conséquences du coup de force militaire du clan d’Oujda qui a accaparé le pouvoir à l’indépendance du pays. C’est l’armée qui a géré l’Algérie depuis 1962. C’est pour cela que le peuple exige la primauté du civil sur le militaire», fulmine un père de famille, qui ajoute : «La résistance doit être de mise, car ceux qui ont le pouvoir depuis 58 ans ne le lâcheront pas facilement. Donc, la mobilisation doit se poursuivre afin d’exercer la pression sur les décideurs. Ces derniers tentent de reprendre apparemment du poil de la bête en voulant s’appuyer sur une clientèle qui se bouscule au portillon depuis l’appel au dialogue lancé par Tebboune. Le hirak n’a mandaté personne pour parler en son nom.»

Plusieurs marcheurs que nous avons rencontré depuis le départ du hirak étaient dans la foule, hier, dans la capitale du Djurdjura, à l’image de ce jeune qui manifeste, chaque vendredi, avec une auge de maçonnerie (la «gamate»). «Les marcheurs authentiques sont toujours au rendez-vous pas comme ceux qui venaient pour des selfies dans l’optique de se faire remarquer. Maintenant, où sont-ils ?» s’interrogent des marcheurs qui ont suspendu des panneaux contreplaqués sur lesquels on pouvait lire : «La Constitution doit être l’émanation du peuple», «La force d’un pays, c’est son peuple et la force d’un peuple, c’est sa jeunesse» et «L’Algérie n’est pas une société par actions où chaque sous-traitant confectionne son  »règlement intérieur » (sa Constitution)».

La foule a aussi réitéré l’exigence de la libération des détenus du mouvement populaire qui croupissent encore dans les geôles du pouvoir, comme Karim Tabbou, Fodhil Boumala et autres. La procession s’est poursuivie jusqu’à la placette du Mémorial des martyrs de la Guerre de Libération nationale, devant l’ancienne gare routière.

Par ailleurs, notons que d’autres actions de terrain en relation avec le hirak ont eu lieu durant la semaine à Tizi Ouzou. Outre la marche des étudiants, les présidents d’APC ont protesté, mardi, à l’intérieur de la cité administrative de la wilaya de Tizi Ouzou pour exiger une répartition équitable et transparente des dotations budgétaires à travers tout le territoire national. Les protestataires, qui se sont constitués en coordination des P/APC de la wilaya de Tizi Ouzou, ont dénoncé «les restrictions drastiques» dans les enveloppes budgétaires allouées à leurs communes. Ils ont estimé aussi qu’il s’agit de représailles en raison de l’implication de ces élus dans le mouvement populaire. «Le pouvoir veut punir la région», ont-ils déclaré.

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Auteur: Hicham Chouadria
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