
Alors que les parlementaires bouclaient la session budgétaire 2019, le 11 décembre 2019, le président de la République du Cameroun leur a demandé de rester quelques jours de plus à l’Assemblée nationale et au Sénat. Paul Biya, conformément au texte constitutionnel qui lui confère cette prérogative, a en effet convoqué en session extraordinaire les députés et les sénateurs pour ce vendredi 13 décembre 2019 à partir de 11 heures. Aucune précision sur l’ordre du jour dans l’arrêté du président de l’Assemblée nationale, Cavayé Yéguié Djibril. Toujours est-il que les acteurs et observateurs de la scène politique camerounaise émettent différentes hypothèses, la plupart étroitement liées au contexte sociopolitique actuel.
La première est que les parlementaires devraient plancher sur des textes de loi devant définir de manière spécifique sur le statut spécial à accorder aux régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, où sévit encore l’insécurité à cause de groupes armés qui revendiquent la sécession depuis trois années. Au cours du Grand Dialogue National qui s’était déroulé entre le 30 septembre et le 4 octobre dernier, l’une des principales recommandations était d’accorder à ces deux régions ce statut spécial. Une disposition prévue dans la Constitution, qui laisse la latitude au chef de l’Etat d’y mettre un contenu. Il devrait donc s’agir de définir avec certitude les contours de ce statut spécial.
La seconde, toujours liée au regard du contexte, est que la session extraordinaire devrait donner la possibilité à l’exécutif d’introduire au Parlement des amendements à la loi portant Code électoral au Cameroun. A quelque deux mois des élections législatives et municipales prévues le 9 février 2020, des voix continuent de s’élever pour contester la loi électorale jugée inéquitable entre les différentes forces politiques. Au sein de l’opposition camerounaise et même de la société civile, l’on réclame une révision « consensuelle » de ce code. Des partis politiques ont d’ailleurs décidé de ne pas participer à ces élections tant qu’il ne serait pas modifier.
Les analyses sont poussées plus loin par certains qui estiment que les « décisions prises lors de cette session extraordinaire à l’Assemblée nationale devrait aboutir au report des élections législatives et municipales ». Cela permettrait, soutient-on, de mieux implémenter les décisions que l’on annonce fortes à l’issue de ces travaux. Toujours est-il que, comme à l’accoutumée, le pouvoir exécutif tenu par Paul Biya, qui aime prendre l’opinion public à contre-courant, pourrait n’avoir pas prévu tout cela. Laissant le soin au peuple camerounais de découvrir s’il s’est fourvoyé…
Auteur: Francky
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