Sollicité Lundi, par nos soins, Abdelmadjid Attar, expert pétrolier, précise, d’emblée, que «le marché pétrolier est parti pour durer au moins sur quelques mois avec un prix moyen inférieur à 40 dollars le baril, et dans le meilleur des cas entre 40 et 45 dollars en moyenne sur le reste de l’année». Dans les deux cas, «l’Algérie fera face à de sérieuses difficultés pour équilibrer son budget et préserver son programme de développement économique basé sur un baril à 50 dollars». Pour M. Attar, notre pays «sera obligé non seulement à établir une loi de finances complémentaire avec une forte réduction des importations y compris les services, mais aussi à puiser le peu qui reste dans ses réserves de change». Une «raison majeure», dit-il, pour que l’Algérie, qui préside l’OPEP ou de ce qui en reste, «redouble d’effort pour maintenir un minimum de concertation au sein de ce cartel qui risque d’exploser dans les semaines à venir». En termes de prévisions, l’ancien patron de  Sonatrach fait part d’un prix à 80 dollars, nécessaire à l’Algérie pour éviter tout déficit. D’autre part, M. Attar rebondit sur la décision de l’Arabie Saoudite qui, dit-il, «vient de déclencher une guerre des prix du pétrole avec deux décisions qui auront des conséquences catastrophiques non seulement sur les pays exportateurs membres de l’OPEP mais aussi sur l’économie mondiale déjà très affectée par l’expansion de l’épidémie du Coronavirus à travers tous les continents». Les deux décisions, explique-t-il, sont «la baisse du baril Saoudien sur les marchés à un niveau inférieur à 35 dollars et une prévision d’augmentation de leur niveau de production à 12 millions de baril par jour». Cette guerre des prix combinée à l’impact du coronavirus, enchaîne l’expert, «va probablement provoquer une crise économique mondiale identique ou plus accentuée que celle de 2008, si elle se poursuit tout au long du deuxième trimestre 2020, parce que la récession mondiale entraînera moins de consommation énergétique, et par conséquent un surplus d’offre de pétrole sur un marché déjà encombré par des stocks au plus haut niveau». Irréversiblement ? «Le seul espoir de maîtrise pouvant empêcher le prix de chuter en dessous de 30 dollars, explique M. Attar, va dépendre d’une probable chute de la production de pétrole de schiste américain qui ne pourra pas résister à ce niveau de prix au cours des mois à venir, d’où une probable concertation entre USA et Arabie Saoudite, l’objectif de ces deux pays étant d’affaiblir la Russie, et non de se ‘‘tirer une balle dans les pieds’’». D’autre part, cette chute libre des prix du baril «ne durera pas longtemps car l’offre supplémentaire de pétrole de l’Arabie Saoudite ou de tout autre pays exportateur finira par ne plus trouver de preneur même à très bas prix au vue du niveau très bas de la demande avec des stocks mondiaux au plus haut niveaux». Pour lui, «il est trop tôt pour prédire quoi que ce soit de l’avenir de l’accord de coopération au sein de OPEP+, et encore moins de la durée de la guerre des prix qui vient d’être déclenchée par l’Arabie Saoudite».

                                                 Fouad Irnatene

Auteur: elmoudjahid
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