Essaouira – Un atelier de sensibilisation sur les obstacles juridiques et réglementaires limitant l’accès des populations clés aux services de prévention et de soins contre le Sida, a été organisé jeudi à Essaouira.
Initié par l’Association de Lutte contre le Sida (ALCS), en partenariat avec le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), cet atelier ayant réuni des responsables, des acteurs de la société civile ainsi que des militants des droits humains, a été placé sous le thème »renforcer les synergies pour améliorer l’accès aux services de prévention et de soins des populations clés et les personnes vivantes avec le VIH, selon une approche respectueuse des droits humains dans leur universalité ».
L’atelier d’Essaouira, qui sera suivi d’un atelier similaire prévu le 25 mai à Tiznit, se fixe pour objectif de renforcer les capacités des agents d’autorité et de justice en matière de VIH/SIDA, en jetant la lumière sur les freins que constituent les lois en matière d’accès aux services de prévention et de soins contre le sida pour les populations ciblées, et de contribuer à aplanir les obstacles liés aux droits humains entravant un tel accès.
Il vise aussi à sensibiliser et à lutter contre la stigmatisation et la discrimination qui entourent les groupes ciblés et les personnes vivantes avec le Sida, et à encourager l’amélioration de l’accès au dépistage et aux soins ainsi qu’aux médicaments.
A cette occasion, les intervenants ont mis l’accent sur le contexte épidémiologique en s’attardant sur les concepts du »sida » et de »la prévention combinée », tout en se focalisant sur le plan stratégique national de lutte contre le sida et la contribution de l’ALCS à ce niveau.
L’intérêt lors de cette rencontre a été porté aussi sur la discrimination, la stigmatisation, et la violence basée sur le genre à l’égard des personnes vivantes avec le VIH (PVVIH) et les populations clés, avec un focus sur les obstacles liés aux droits humains qui entravent l’accès de ces personnes aux services de prévention et de soins du VIH.
Au coeur des débats figuraient également la stratégie VIH/Sida et droits humains et les mécanismes de recours en cas de violation des droits de l’homme en lien avec le VIH.
Dans une allocution de circonstance, M. Khalid Sirhane, membre de la commission régionale des droits humains Marrakech-Safi, s’est félicité de la tenue de cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre de l’édification d’une nouvelle approche concernant le traitement de la question du sida, basée sur les concepts des droits humains et leurs valeurs renouvelées.
Dans la foulée, il a loué la pertinence de la question du sida et des droits humains qui fait, depuis des années, partie d’une stratégie dont les résultats, les principes et les recommandations sont clairs, notant que cette feuille de route fait l’objet d’une action collective et concertée entre le ministère de la santé, le CNDH, la société civile, et les acteurs directement concernés et ce, avec l’appui du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Après avoir indiqué que cet atelier coïncide avec la mise en oeuvre de la 2è stratégie nationale des droits de l’homme et sida 2018-2021, M. Sirhane a salué les efforts déployés jusque-là dans ce domaine au Maroc, qui ont permis de réduire de 42% le risque d’atteinte de cette maladie depuis 2010, avec une augmentation de 48% du taux de couverture en traitement en 2016, alors que ce taux ne dépassait guère les 16% en 2010.
Le président de la section Essaouira de l’ALCS, Chafik Belgacem, a pointé du doigt l’ampleur de la discrimination et de la stigmatisation que peuvent subir les personnes vivantes avec le sida au sein de la société, estimant que les violations des droits humains et la persistance de la discrimination exercée sur cette catégorie sont à même de contribuer à la prolifération de cette maladie.
Et de faire observer que l’ALCS a, depuis sa création, été consciente que le combat pour la prééminence et le respect des droits de l’Homme dans leur universalité, et la lutte contre le sida, constituent un tout indivisible.
»Aujourd’hui, dans les conclusions de différents rapports internationaux en matière de lutte contre le sida en relation avec les droits humains, il a été soutenu qu’il existe un impact négatif de l’environnement juridique et politique sur les efforts de lutte contre cette épidémie », a-t-il déploré.
Il a, par ailleurs, mis l’accent sur les grandes réalisations accomplies par le Maroc dans ce domaine depuis l’adoption de la nouvelle Constitution de 2011 qui incrimine la discrimination entre citoyen et citoyenne marocains pour une quelconque considération, mettant en avant l’engagement politique du Royaume, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à soutenir tous les efforts de lutte contre le sida dans le pays.
Cette réunion a été aussi l’occasion pour les participants de passer en revue les recommandations de la révision de l’environnement législatif et réglementaire lié au VIH, ainsi que de la 2è stratégie nationale droits de l’homme et sida (2018-2021).
Auteur: Meriem IGASS
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