L’opposition et l’alternative démocratique
En présence d’une large assistance, les sections provinciale et local du PPS à Tiznit ont proposé au public de la ville, vendredi dernier, une conférence à laquelle deux éminents militants de la direction du parti : Ahmed Zaki et Abdelatif Ouammou.
Le sujet de cette rencontre politique n’est autre que la thématique d’actualité, juste après avoir quitté le gouvernement, en l’occurrence: l’opposition et l’alternative démocratique. Dans son intervention, Ahmed Zaki s’est étendu sur le parcours du parti, depuis l’Alternance, en mettant l’accent sur son engagement durant plus de deux décennies à l’exécutif et son attachement aux principes et aux valeurs qui l’ont constamment émaillé, à travers ses ministres. Pendant tout ce temps, le parti a pu surmonter avec brio les coups bas qui dont il fut l’objet, mettant les questions de la nation et du peuple au dessus de toutes autres considérations, souligne-t-il.
Cette ligne politique du parti qui n’a pas toujours plu à ses détracteurs, était, en revanche, imperturbable, en dépit de toute d’intimidations qui émanaient de nombre de parties, y compris de son allié le plus proche, ces derniers temps. Après avoir supporté ces moments cruciaux, puisqu’on a limogé son secrétaire général et son ministre de la santé, considéré comme l’un des plus illustres du gouvernement, selon l’opinion national, ensuite la suppression du secrétariat d’Etat de l’eau, assure par Charafate Afailal, le PPS se trouvait dans l’incapacité de poursuivre sa mission au sein d’un exécutif disparate et incohérent.
A ce propos, il fait constater que le récent remaniement ministériel qui devrait regrouper des ministres à «compétence» comme il a été convenu, a reconduit les mêmes figures dans des postes clés, en plus de l’hégémonie des ministres technocrates. L’intervenant a mis en exergue tout le bilan brillant des ministres du parti, tout en leur rendant un vibrant hommage, alors que les prétextes de leur éviction étaient infondés, puisque les chantiers à la charge des deux premiers étaient déjà exécutés avant terme, sans aucun dysfonctionnement et que le remerciement de la troisième était un règlement de compte du ministre de tutelle.
C’est ainsi que le PPS abandonne le gouvernement, surtout que celui-ci n’a aucun portage politique ni aptitude à mettre en œuvre un plan d’action à même de combler les attentes et les aspirations des citoyens. L’opposition que prône le parti, enchaîne le conférencier, se veut responsable, démocratique, progressiste et résilient tourne vers la construction d’un espace politique sain où les programmes et les positions sont confrontés, sans verser dans le dénigrement et la bassesse.
Prenant la parole par la suite, Abdelatif Ouammou, s’est également penché, pour sa part, sur l’opposition à laquelle s’adonne dorénavant le PPS, en réaffirmant son caractère purement politique.
Pendant plus de 55 ans d’opposition dans des conditions cruelles, sanctionnées d’exil, d’emprisonnement, d’interdiction, de menaces, de tortures…, le PPS s’est forgé les rangs en s’armant des vertus de la pratique partisane, axée sur l’intégrité, la droiture, la pondération et le réalisme. Son long itinéraire dans l’opposition n’a jamais été une fin en soi car il a toujours aspiré à mettre en exercice ses alternatives aux problématiques de la nation.
Au moment opportun, il a aussi fait preuve de son dévouement au service du pays, pendant plus de vingt ans au gouvernement, avec la même ferveur. Par ailleurs, l’orateur a fait étalages de nombres de qualités dont le PPS fera usage durant sa nouvelle position, en compagnie de toutes les forces qui ont le même volontarisme national pour unir les énergies afin de remettre d’abord le champ politique sur les rails et ambitionner de réunir les conditions de l’expansion tous azimuts. Les déficits énormes que connaît aujourd’hui à ce niveau nécessitent bel et bien une opposition réelle, non artificielle et non préfabriquée pour maintenir un contrepoids judicieux.
C’est une opposition politique et constructive dont il est question. Pour ce faire, il est donc nécessaire de se doter de partis forts, autonomes et sérieux. Après ces interventions de haute qualité, le modérateur, Naama Maalinin, secrétaire de la section locale de Tiznit, a donné la parole à la salle qui a suscité un débat franc et fructueux.
Saoudi El Amalki
Auteur: M’hammed rahal
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