Initialement prévue dimanche, la réunion du Conseil des ministres se tiendra samedi « en raison de la participation du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à la Conférence internationale sur la Libye prévue le même jour à Berlin, en Allemagne». Les dossiers qui seront abordés lors de cette réunion relèvent de la première importance, car ils représentent des priorités stratégiques pour l’actuel Exécutif qui s’emploie à élaborer les feuilles de route sectorielles comptant pour la mise en œuvre du plan d’action du gouvernement. Ces dossiers ont trait, en effet, à la « redynamisation et au développement des activités sectorielles dans les domaines de l’industrie, l’agriculture, l’habitat, le commerce et le commerce extérieur, la santé ainsi que les petites entreprises et les startups», précise le communiqué de la Présidence de la République.
On retient d’abord cet engagement du Président pour « l’application d’une nouvelle politique de développement hors-hydrocarbures, la substitution des produits importés par d’autres locaux, en vue de préserver les réserves de change, la promotion des start-up et le renforcement du rôle économique des collectivités locales dans le développement et la diversification de l’économie nationale, une amélioration du climat des affaires, l’encouragement de l’investissement, notamment extérieur, direct. Des orientations doivent guider la démarche du gouvernement pour le développement de nouvelles visions sectorielles censées contribuer à la relance de l’économie du pays sur des bases solides. Secteur stratégique, vu son rôle dans la sécurité alimentaire du pays, l’agriculture bénéficie d’un intérêt particulier dans le programme du Président, qui a plaidé la nécessité d’un plan d’urgence pour le développement de cette activité, notamment en ce qui concerne l’agriculture saharienne, l’industrie agroalimentaire et de la pêche. Un secteur à haut potentiel de croissance qui contribue à plus de 12% dans la PIB national, avec une moyenne de croissance annuelle de plus de 7% au cours de ces dernières années, et qui est appelé à occuper sa place dans la stratégie de diversification de l’économie. Le logement est l’autre dossier d’actualité qui sera abordé lors du Conseil. En fait, la politique du logement est largement soutenue par l’Etat qui compte quantifier et diversifier l’offre pour atténuer l’impact de la crise que connaît le secteur depuis plusieurs années.
280 milliards DA pour la réalisation des programmes de logement
Un intérêt traduit à travers cette volonté des pouvoirs publics de soutenir la dynamique de ce secteur de par son rôle dans la stabilité sociale, sachant que la loi de finances 2020 a mobilisé une enveloppe de 280 milliards DA pour la réalisation des programmes de logement, toutes formules confondues, à travers l’ensemble des wilayas. Le commerce extérieur figure également parmi les dossiers à l’ordre du jour du Conseil. Un dossier à propos duquel le Président avait tenu à préciser que sa politique en la matière vise la régulation de ce segment. Autrement dit, la démarche consiste à « ne rien interdire, mais à réguler nos importations afin de protéger nos recettes».
Des propos qui laissent entendre que le gouvernement devra s’atteler à engager une nouvelle action en ce qui concerne les importations superflues et les surfacturations.
M. Abdelmadjid Tebboune avait déclaré dans ce sens que « 20 à 25% de la facture alimentaire sont dus à la surfacturation des importations et que l’une des batailles à mener pour ramener la facture à des niveaux soutenables consiste à lutter contre le phénomène de la majoration des importations».
La désignation d’un ministre délégué au Commerce extérieur est certainement motivée par cette volonté de remettre de l’ordre dans ce secteur. Dans un autre registre, le Conseil traitera le dossier relatif aux startups qui ont bénéficié d’un fonds de soutien et d’accompagnement. A ce titre, le Président avait rassuré que «l’État lancera une stratégie pour les jeunes investisseurs et travaillera à promouvoir le produit national en important que ce qui n’est pas produit localement». M. Tebboune avait également annoncé que la refonte du système fiscal prévoit des avantages au profit des PME/PMI et des jeunes investisseurs qui créeront des postes d’emploi. Enfin, pour le secteur de la santé, le premier magistrat du pays avait indiqué qu’il sera procédé à la mise en place d’un «plan intégré de prévention à travers le diagnostic gratuit et précoce des hommes et des femmes, notamment en ce qui concerne les pathologies liées à l’âge, ainsi que l’encouragement du diagnostic gratuit à travers les écoles, les universités et les centres de formation». Aussi, l’Etat «garantira l’accès des citoyens à une prise en charge sanitaire de qualité à travers l’augmentation du budget accordé au secteur de la santé, la réalisation de nouveaux centres hospitalo-universitaires et la résolution de la problématique des urgences médicales», avait soutenu M. Abdelmadjid Tebboune, qui avait également évoqué la nécessité «d’encourager l’investissement dans la production des médicaments et la promotion de l’industrie locale des médicaments». En fait, « l’Algérie a besoin de classer ses priorités», avait-il affirmé dans le sillage de la mise en place des conditions et de l’environnement propices à l’émergence d’une économie diversifiée.
D. Akila
Auteur: elmoudjahid
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