Il s’appelait Benoît Betam ; ancien pilote et directeur d’exploitation de la défunte Cameroon Airlines(Camair). Il est décédé ce jeudi 23 avril aux environs de 19h à sa résidence à Douala des suites d’un arrêt cardiaque. Ce dernier travaillait encore pour le compte de l’autorité aéronautique du Cameroun. Pétri d’une riche carrière Benoît Betam fût pendant plusieurs années le pilote du président Paul Biya. Il avait gravi les échelons de commandant de bord et instructeur en obtenant ses qualifications sur Boeing 747, 767 et 737.

Il est surtout devenu célèbre pour avoir pris, le premier, les commandes du Boeing 767-216 ER baptisé « The Albatross ». Alors qu’il devait conduire le chef de l’Etat et sa famille en France, le commandant de bord Benoît Betam informa ce dernier que l’avion était en panne. Les volets des ailes ne rentraient pas. Quelques temps après, le problème sera résolu l’avion transporta le chef de l’Etat pour la France, mais ce dernier ne l’emprunta plus jamais.

Après ce vol, le colonel Charly Ndongué de l’armée de l’air déclarait que « l’avion présidentiel n’avait aucun problème… le commandant Betam avait juste voulu effrayer le Chef de l’Etat ».  Interrogé à ce propos par Xavier Messè, alors Directeur de Publication du journal Mutations, le Commandant Betam fît une déclaration pour donner sa version des faits. Celle-ci ne sera publiée qu’après sa mort. « En résumé, peu après notre décollage, de Nsimalen, nous avons eu un problème technique. Il s’agissait en fait d’un problème de volets de bord d’attaque qui sont restés bloqués en position intermédiaire. Mon équipage, assisté par le médecin accompagnateur n’a pas réussi à résoudre dans un premier temps le problème. Il s’agissait en fait d’un moteur d’entraînement des volets qui était grippé. Par radio, j’ai pu joindre notre maintenance à douala qui m’a confirmé avoir la pièce de rechange en magasin et pouvoir nous dépanner en 30 minutes. J’ai aussitôt informé notre passager VIP de la situation. Le choix étant de revenir sur Nsimalen, de continuer sur paris avec la panne c’est-à-dire en volant très bas avec une vitesse très réduite, ou alors de venir à Douala pour un dépannage rapide. Je crois que sa décision de venir à Douala était la plus sage. Bien entendu après avoir mis en alerte les autorités locales. Mais seulement deux minutes avant l’atterrissage à Douala, nous avons réussi à débloquer les volets et nous avons mis le cap sur paris que nous avons atteint après 5h45 minutes de vol sans aucun autre incident. Maintenant, qu’un pilote affirme qu’on peut effectuer un long vol avec une telle anomalie, et de surcroît avec un VIP à bord, c’est quand même surprenant » affirma-t-il.

Rappelons que la suite de « l’affaire Albatros » ira jusqu’à l’interpellation de hautes personnalités au rang desquelles Jean Marie Atangana Mebara, Yves Michel Fotso et Marafat Hamidou Yaya.

Recent Posts

Auteur: EcoMatin
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.