L’arrestation, dans la nuit du vendredi au samedi, de neuf membres d’une association non agréée dénommée l’académie arabe Arena, spécialisée, selon sa page sur les réseaux sociaux, dans la « recherche en psychologie et sociologie », et ce après que les gendarmes de Constantine aient découvert au niveau d’une villa, située dans la cité El Mouna (Benchicou),qui leur servaient de locaux d’accueil, une trentaine d’enfants à besoins spécifiques des deux sexes, âgés de 4 à 9 ans, essentiellement des autistes, lesquels se trouvaient dans un état déplorable, et présentaient, pour certains, des blessures et contusions, en plus traces de brûlure. Selon des sources locales, le nombre total des enfants confiés par leurs parents audit centre s’élève à cinquante, en provenance de diverses régions parfois lointaines du pays, à l’image d’Alger et Ghardaïa. Vendredi soir, seulement trente-et-un d’entre eux se trouvaient sur les lieux, les autres étant rentrés passer le weekend avec leurs familles. C’est à la suite à une plainte d’un parent que les gendarmes du groupement territorial de la wilaya de Constantine ont opéré leur descente et procédé à l’arrestation des personnes impliquées.
Des conditions d’hébergement inhumaines
Présente sur les lieux, la directrice locale de l’action sociale (DAS), Samia Gouah, a déclaré : « Le prétendu centre ne dispose pas d’un agrément et ne remplit pas les normes en vigueur en matière de prise en charge d’enfants à besoins spécifiques. La puanteur qui régnait dans les locaux était indescriptible, et il y avait des détritus dans tous les coins. Les pensionnaires se trouvaient dans des conditions inhumaines. Ils erraient là, hagards, les pieds nus. C’est un véritable crime qui a été commis à leur égard ». Concernant la prise en charge des victimes, Mme Gouah a fait part du transfert de ces dernières à l’établissement Diar Er-Rahma du quartier mitoyen de Djebel El Ouahche où une aile entière leur a été affectée, en plus de la réquisition d’une équipe médico-pédagogique.En ce qui a trait à l’état de santé des enfants, la DAS a révélé que « dès la première consultation, ses services avaient constaté la présence de traces de graves brûlures chez l’un des pensionnaires, alors que le passage à la douche a permis de détecter de signes de maltraitance sur les corps de trois autres. Deux d’entre ces derniers ont d’ailleurs été acheminés au centre hospitalo-universitaire Benbadis ». À ce titre, la direction a été déléguée par le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme pour se constituer partie civile.
15 à 25 millions de centimes pour une prise en charge
De son côté, le procureur de la république près le tribunal de Constantine, le magistrat Kadri Abdelfettah, a tenu, Dimanche après-midi, une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé la mise en détention provisoire, dans le cadre de cette affaire qui défraye la chronique locale et nationale, de trois personnes, dont le président de l’association et le gérant, alors que les six éducateurs qui s’occupaient des enfants ont été mis en liberté . Il y a lieu d’indiquer que les responsables du centre international du développement et d’innovation (IIDI) et de la section « Nour » du l’association des oulémas musulmans algériens, propriétaires de la villa, ont tenu à démentir les allégations faisant état de leur implication dans cette affaire, arguant que le directeur du centre Arena leur avait loué, au mois de novembre passé et pour la durée d’une année, deux niveaux de leur habitation, laquelle avait accueilli un temps l’IIDI, et que la confusion était née du fait que l’enseigne portant le nom du centre spécialisé dans la formation aux métiers de presse et à l’audiovisuel, n’avait pas été enlevée. Enfin, pour en revenir au directeur du centre, originaire de la wilaya de Médéa et répondant aux initiales de M. B., celui-ci se présente comme l’auteur d’une théorie révolutionnaire en psychologie et sciences de l’éducation, et avait déjà, à l’occasion de passages télévisés, affirmé qu’il était parvenu à mettre au point une méthode permettant de traiter l’autisme en l’espace de quelques semaines, promesse saugrenue, mais malheureusement suffisante pour décider des parents en détresse à payer une fortune (15 à 25 millions de centimes) pour une « prise en charge » dont ils étaient bien loin d’imaginer la nature. Jusqu’à hier après-midi, 29 sur les 31 pensionnaires du centre avaient été récupérés par leurs parents.
Issam B.
Auteur: elmoudjahid
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