L’affaire de l’ex-député d’Annaba, Baha-Eddine Tliba et deux enfants de l’ex-secrétaire général du FLN, 

Djamel Ould Abbès, en est à la dernière phase de l’instruction judiciaire, ce qui va permettre de lever le voile sur l’intrusion de l’argent sale dans la politique. 

Le juge d’instruction de la 6e Chambre près le tribunal de Sidi M’Hamed a entendu jeudi, Djamel Ould Abbès, en détention provisoire, en sa qualité d’ex-secrétaire général du FLN dans l’affaire de l’ex-député et ancien président de l’APN, Baha Eddine Tliba, poursuivi avec le fils d’Ould Abbès, Omar Skander dit Mehdi, pour des chefs d’inculpation de corruption dans la campagne électorale des législatives de 2017 et blanchiment d’argent. M. Ould Abbès, a été conduit, dans la matinée de jeudi, de la prison d’El Harrach au tribunal de Sidi M’Hamed à bord d’un fourgon de la Gendarmerie nationale. Les faits de cette affaire remontent à plus de deux ans, suite à une enquête diligentée par la section de recherches de la Gendarmerie nationale de la wilaya d’Alger. D’importantes sommes d’argent en dinars et en euros, ont été saisies aux domiciles des enfants Ould Abbès. Le dossier a été transmis au parquet du tribunal de Chéraga mais sans suite. L’affaire a été rouverte, au mois de juin dernier, dans le cadre des enquêtes anticorruption.Le juge d’instruction a décidé le placement sous mandat de dépôt de Mehdi, fils de Djamel Ould Abbès, Khelladi Bouchenak, ancien SG du ministère de la Solidarité nationale et Mohamed Habchi, agent immobilier, à la prison de Koléa pour «blanchiment d’argent dans le cadre d’une organisation criminelle», «demande et perception d’indus avantages», «violation de réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger», «abus de fonction dans le but d’obtenir ou de rendre des services». L’enquête judiciaire porte, essentiellement, sur des faits de corruption, durant la campagne électorale des législatives de 2017, dans laquelle sont impliqués les deux fils d’Ould Abbès, SG du FLN à l’époque, à savoir Omar Skander et El Wafi Mohamed El Bachir, ce dernier en fuite à l’étranger.Les investigations ont révélé qu’ils procédaient à la classification des candidats dans les listes du FLN, qu’ils monnayaient selon l’importance des wilayas et le positionnement sur la liste. Cela été confirmé par Khelladi, lors de l’instruction judiciaire. Il avait déclaré «avoir été sollicité par les deux fils d’Ould Abbès pour mettre des noms dans les listes électorales», tout en affirmant qu’il ignorait qu’ils percevaient de l’argent en contrepartie. Dans ce cadre, M. Djamel Ould Abbès a été confronté, jeudi, aux déclarations de l’ancien SG du ministère de la Solidarité. Ce dernier avait déclaré, lors de son audition, que le père Ould Abbès était au courant des agissements de ses enfants. De même pour les sommes d’argent saisies dans un chalet, à la résidence d’Etat du Club des Pins, occupé par Mehdi Ould Abbès. Ce dernier a expliqué, que la somme d’argent lui aurait été envoyé par Baha-Eddine Tliba pour acheter un Range Rover de type Vogue, qui coûtait à l’époque 25 millions de DA. 

Ould Abbes était-il au courant ?

Ould Abbès a confirmé cette déclaration et a déclaré que Tliba lui avait demandé d’intervenir auprès de ses fils pour l’aider à acheter une voiture de luxe en Allemagne. Affirmation que Tliba a rejeté en bloc. «Mehdi avait un 4×4 Toyota V8 qui dépassait la valeur de 20 millions de DA», a-t-il déclaré, niant lui avoir fait parvenir de l’argent pour l’achat d’un véhicule Rang Rover. Djamel Ould Abbes a répondu que «c’est des représailles de Tliba suite à la décision de le traduire devant le conseil de discipline du FLN».

Dans une première audience, Baha-Eddine Tliba a été auditionné comme témoin dans cette affaire, par le tribunal de Chéraga. Il a déclaré qu’il a été contacté par Mehdi et El Wafi Ould Abbès pour introduire des noms de candidats. Il a même précisé qu’ils lui avaient exigé la somme de 70 millions de DA pour être tête de liste d’Annaba, et qu’il n’avait pas refusé. Le député avait déclaré, détenir un enregistrement de la conversation téléphonique qu’il a eue avec Mehdi Ould Abbès sur cette question. Le dossier a été confié, par la suite, au pôle judiciaire spécialisé du tribunal de Sidi M’Hamed. Objet d’une levée d’immunité parlementaire, Tliba a pris la fuite. Il a été arrêté, quelques jours plus tard, à Oued Souf au frontières sud-est du pays. Présenté devant le tribunal de Sidi M’Hamed, il a été mis en cause dans l’affaire de corruption et placé sous mandat de dépôt. Le juge d’instruction chargé de cette affaire a entamé depuis quelques semaines l’instruction dans le fond de ce dossier. L’audition, jeudi, de Djamel Ould Abbès sera suivie par l’envoi du dossier au tribunal pour programmer le procès dans les prochains jours. Pour rappel, Djamel Ould Abbès est poursuivi dans une autre affaire, en sa qualité de ministre de la Solidarité nationale, pour dilapidation de deniers publics, conclusion d’un marché en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur et faux en écritures publiques. Il a été mis en détention provisoire par le Conseiller magistrat instructeur près la Cour Suprême.

Neila Benrahal

Auteur: elmoudjahid
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