Benguérir – Une centaine de jeunes venus de 25 pays africains sont en conclave à l’occasion de la 2ème Université des jeunes leaders de la société civile africaine, dont les travaux se sont ouverts, jeudi à Benguérir.
Initiée par le Centre de Développement de la Région Tensift (CDRT) avec le soutien de ses partenaires, sous le thème « Jeunes, innovation et développement de l’Afrique », cette nouvelle édition se veut l’occasion de mener une réflexion et de suggérer des actions qui promeuvent la culture d’innovation, en mettant l’accent sur le rôle des jeunes et en insistant sur la nécessité de l’innovation pour un développement durable de l’Afrique.
Dans une allocution lue en son nom par Mme Leila Ouchani, chef de la division de la qualification et de l’intégration économique, le ministre délégué chargé des Marocains Résidant à l’Etranger et des Affaires de la migration, Abdelkrim Benatiq, a indiqué que l’Afrique dispose de la population la plus jeune de la planète et comptera en 2050 quelque 2,5 milliards d’habitants, dont la moitié aura moins de 25 ans.
Rappelant que cette jeunesse constitue un précieux atout de développement, il a précisé que les jeunes peuvent développer facilement les compétences nécessaires et ont souvent les opportunités d’être une « force motrice » pour soutenir le développement et contribuer à la paix et à la sécurité, soulignant que les organisations dirigées par ces jeunes doivent être ainsi encouragées et dotées des moyens nécessaires pour participer à la traduction des programmes de développement, notamment celui de l’agenda 2030.
Cela se justifie par le fait que les jeunes ont le pouvoir d’agir et de mobiliser les acteurs, a expliqué le ministre, ajoutant que l’activisme des jeunes est en hausse dans le monde entier, soutenue par une connectivité plus large et l’accès aux réseaux sociaux.
Ces jeunes ont aussi la capacité d’innovation et peuvent offrir de nouvelles idées et des solutions, a-t-il noté, précisant que face à ce constat, il est alors important de souligner que la jeunesse en Afrique représente la principale « source de vitalité » pour les prochaines décennies.
Et de rappeler que le Maroc, par son positionnement stratégique, est passé de pays d’origine et de transit à un pays de destination pour bon nombre de migrants provenant de l’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, et dont la majorité sont des jeunes.
De ce fait, le Royaume a adopté une nouvelle politique migratoire en vue d’améliorer les conditions de séjour des migrants selon une approche humaine et intégrée qui protège leurs droits et préserve leur dignité, a indiqué M. Benatiq, notant que cette politique a donné lieu à des décisions et à des mesures concrètes pour régulariser les migrants en situation illégale et activer le processus de leur intégration en ouvrant l’accès à l’ensemble des dispositifs de santé, d’éducation, de protection, de formation et d’emploi, outre l’adoption d’une loi sur la lutte contre la traite des êtres humains et l’élaboration de deux projets de loi sur la migration et l’asile.
Et de poursuivre que l’implication de la société civile dans le processus de mise en oeuvre et d’évaluation de la politique migratoire revêt une importance cruciale de par sa vision plus large de la réalité du terrain, son contact direct avec les migrants qui lui permet d’identifier leurs besoins spécifiques ainsi que par sa capacité à développer des synergies avec les acteurs publics et privés, les collectivités locales et les universités concernés par la question de la migration.
Il a, en outre, affirmé qu’au Maroc, la société civile joue un rôle de premier plan en matière de consolidation des droits humains, soutenue par une avancée constitutionnelle en 2011 qui lui a permis de devenir un partenaire habilité, de droit, à contribuer à l’élaboration, à la mise en oeuvre et à l’évaluation des politiques publiques.
De son côté, le président du CDRT, Ahmed Chahbouni, a relevé la richesse notamment démographique dont regorge l’Afrique, insistant sur l’importance de la fédération des énergies et des synergies pour une meilleure formation de ces jeunes leaders de la société civile africaine afin de leur permettre de s’acquitter pleinement de leur rôle au sein de leurs pays respectifs.
Dans une déclaration à la MAP, en marge de l’ouverture de cette rencontre, M. Chahbouni a ajouté que ce conclave, qui connaît aussi la participation d’un parterre de chercheurs et de décideurs nationaux et étrangers, s’inscrit dans le cadre de la consolidation de la politique d’ouverture du Royaume sur le Continent africain.
Il a, par ailleurs, appelé à davantage de collaboration entre les jeunes, l’Etat et le secteur privé car le développement exige la collaboration de tous ces acteurs pour réaliser les résultats escomptés.
Pour leur part, les autres intervenants représentant notamment les partenaires à l’organisation de cette 2è université: l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), le Conseil de la ville de Marrakech, l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir, la Banque Africaine de Développement (BAD), la Fondation Friedrich Naumann pour La Liberté (FFN), et l’Institut International d’Innovation pour le Développement, ont mis en exergue la pertinence de la thématique retenue pour cette 2ème édition, mettant l’accent sur l’importance de nourrir les jeunes par le savoir, la recherche, l’expérimentation et l’ouverture sur le monde.
Ils ont expliqué que le développement du Continent africain sur les différents plans (économique, social, environnemental etc) et la sécurité alimentaire ne peuvent être réalisés que par le biais de la science et du savoir qui demeurent, toutefois, « un maillon faible ».
Les travaux de cette rencontre de quatre jours comportent des panels, des présentations, des ateliers, des témoignages et des échanges des bonnes expériences, ainsi que des activités culturelles et artistiques reflétant la richesse et la diversité des patrimoines culturels des pays africains.
Ces travaux sont encadrés par une pléiade de professeurs universitaires, d’experts internationaux, de responsables financiers et administratifs et d’acteurs économiques.
Selon les organisateurs, la première Université des jeunes leaders de la société civile africaine, organisée par le CDRT en 2018, a connu un grand succès avec la participation de 120 jeunes provenant de plus de 20 pays africains.
Elle a été une occasion pour les jeunes de débattre en présence d’experts africains, français et canadiens, des tops five élaborés par les experts de la Banque africaine de développement (BAD) à savoir: nourrir, éclairer, éduquer, intégrer et améliorer la qualité de vie des Africains.
Ainsi, les jeunes africains ont échangé sur les possibilités qui leurs sont offertes pour jouer pleinement leur rôle.
Le CDRT, association reconnue d’utilité publique depuis 2006, est très engagé dans la promotion de la coopération entre la société civile en Afrique.
Il participe aux différents forums de la société civile africaine, a organisé deux universités des jeunes de la société civile des pays du grand Maghreb respectivement en 2012 et 2013 et une université africaine en 2018 avec le soutien de plusieurs partenaires dont l’OCP, le Conseil de la ville de Marrakech, la BAD, la Fondation Friedrich Naumann, l’Université Cadi Ayyad et l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir.
Les efforts, le leadership, l’implication sociale et l’expertise du CDRT ont été récemment reconnus par la BAD qui l’a sélectionné en tant que représentant de la société civile dans la région Afrique du Nord.
Auteur: Meriem IGASS
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