Engagée dans la gestion des déchets et par souci de faire baisser leur volume durant ce mois sacré, l’Agence nationale des déchets (AND) a lancé une campagne de sensibilisation et de lutte contre le gaspillage.
Cette campagne se base sur plusieurs outils de communication afin de sensibiliser le grand public. Pour cela, des spots publicitaires et des capsules radio sont diffusés sur diverses chaînes et ondes.
De même, un concours Youtube contre le gaspillage alimentaire à l’intention des associations caritatives qui préparent des repas collectifs «Iftar» (rupture du jeûne), durant le mois de Ramadhan, a été lancé par l’AND.
«La lutte contre le gaspillage, l’utilisation rationnelle des denrées alimentaires et leur recyclage sont le thème de ce concours. L’objectif c’est d’encourager les you-tubeurs à traiter des thèmes sur l’environnement et la gestion des déchets en particulier. Cela permet également de sensibiliser le grand public sur les problèmes écologiques, notamment les jeunes qui sont de grands utilisateurs des nouvelles technologies», ont indiqué les responsables de cet organisme.
Le lancement de cette initiative citoyenne a été motivé par le fait que «les Algériens se laissent tenter par des produits inutiles durant ce mois sacré», ont estimé ces mêmes responsables qui ont également mis en avant «l’absence de culture de consommation » qui est à l’origine des dysfonctionnements du marché durant la première semaine du Ramadhan, «ce qui engendre automatiquement une hausse des prix» qui se répercute négativement sur les porte-monnaies des ménages.
 Les chiffres enregistrés par l’ONS, l’année dernière, sont plus qu’éloquents. Il s’agit de près de 200.000 quintaux de fruits et légumes, de 5 à 10 millions de produits alimentaires, 12 millions de litres de lait et 13 millions de baguettes de pain qui sont directement allés aux ordures. En dépit des campagnes de sensibilisation contre ces comportements excessifs, le phénomène reste tenace. Le gaspillage, de pain par excellence, est la principale manifestation de ces comportements excessifs. Il semble en effet que les appels à rationaliser la consommation de cet aliment de base n’ont pas trouvé d’écho.
Pour rappel, le gaspillage alimentaire est défini comme étant toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée ou dégradée.
Dans le monde, le tiers des aliments destinés à la consommation humaine est gaspillé. En chiffres, cela donne quelque chose comme 1,3 milliard de tonnes de nourriture perdue ou gaspillée par an, c’est énorme et c’est préjudiciable pour l’humanité entière, non seulement sur le plan économique (dilapidation des ressources) mais également éthique, sécuritaire et environnemental. En Algérie, le gaspillage alimentaire touche principalement les produits fabriqués à base de céréales comme le pain par exemple dont d’importantes quantités sont jetées par les ménages, les cantines, les restaurants, les grandes surfaces.
Selon l’Union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), le coût du gaspillage alimentaire dépasserait les 500 milliards de centimes par an. Dans le détail, ce sont des dizaines de millions de quintaux de produits alimentaires, des centaines de millions de baguettes de pain, des dizaines de millions de litres de lait, pour ne citer que ces matières de première nécessité ! Face à cette nouvelle donne, une véritable mobilisation qui doit inclure tous les intervenants dans la chaîne alimentaire est de mise, d’où cette campagne, initiée par le ministère du Commerce, qui a pour objectif non seulement de lutter contre le gaspillage mais, également, la sensibilisation du consommateur à une alimentation rationnelle, saine et modérée.
Salima Ettouahria

Auteur: elmoudjahid
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