-On est jeudi !
-Oui, on est jeudi. Et alors ?
-Ben … faut surtout pas oublier.
-Mais oublier quoi, à la fin ?
-Que demain, c’est vendredi !
-???

Beaucoup s’offusquent des images et vidéos du procès dit de l’«automobile» diffusées par plusieurs télévisions locales et offshores. Je n’entrerai pas dans le débat juridique sur le bien-fondé de cette diffusion et sa dénonciation. Les juges et les avocats sont plus à même de le faire. Chacun dans son domaine de compétence. Et la mienne de compétence, ce matin, c’est la … mémoire ! Oui ! Mémoire à tiroirs. J’ouvre le premier tiroir. Et dedans, cette ancienne déclaration d’un ancien ministre de la Justice amateur de laitages : «Les décisions de justice ne doivent jamais être discutées, remises en cause, sous peine d’exposer les auteurs de ces critiques d’un verdict de cours à des poursuites.» Eh bien, moi, aujourd’hui, avec des années de recul, rétroactivement, je souscris pleinement à cette déclaration. Les verdicts prononcés ces dernières heures par la justice ne doivent pas être discutés, remis en cause. Aux avocats de faire leur boulot. Ah ya ezzman ! J’ouvre le second tiroir dans ma commode à souvenirs. Toujours dans cette rubrique «images du procès, pour ou contre ?». Et d’autres images remontent à la surface. Des personnes présentes dans le box des accusés, ces dernières heures, avaient ordonné à des chaînes dites «privées», surtout privées de décence et d’éthique, de diffuser des photos volées et des vidéos captées, chipées de la vie privée d’activistes, de militants ou tout simplement de citoyennes et de citoyens ayant porté la contestation dans la rue. Je pense au mouvement Barakat dont des membres ont vu leur droit à l’intime, à l’image sali, bafoué par ces diffusions, sur ordre de ceux-là mêmes qui se plaignent aujourd’hui des vidéos du procès. Ah ! Ya ezzman ! La vie est coquine qui envoie ainsi des signaux aussi déroutants, tout en arabesques sur l’horloge des puissants. A l’époque, des vies, des vies militantes, des vies d’individus, des vies de couples avaient été brisées. Et personne pour s’en offusquer dans la «basse-cour» qui piaille et jacasse aujourd’hui sur les procès filmés. Finalement, il n’y a qu’un truc qui ne change pas dans cette équation terrible, entre hier et aujourd’hui. Le support de la salissure ! Ces quelques chaînes aux oreilles desquelles les ordres de vomir sont aboyés, et qui s’exécutent sans cligner de l’œilleton de la caméra. Ah ! Ya ezzman ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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