Pour l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour, l’heure «n’est plus au dialogue mais plutôt à la négociation pour le changement de tout le système de gouvernance en répondant positivement aux revendications de la population». Invité de la rédaction de la radio Chaîne 3, M. Benbitour préconise qu’il est grand temps que le mouvement populaire, ou ce qui est communément appelé le «hirak», passe, selon lui, à une étape qualitative et qu’il doit «abandonner le mot d’ordre ‘‘Trouhou ga3’’ (Partez tous) pour réfléchir à des mécanismes pour élire des représentants qui auront la responsabilité d’aller négocier avec le pouvoir pour le changement souhaité du système sans perte de temps». L’ intervenant estime que «la situation du pays ne tolère plus de retard sur l’agenda de la refonte de l’Etat». Il faut donc aller vers des élections dans «les plus brefs délais», a-t-il préconisé.
Il suggère également de recourir à «une période pré-élection ne dépassant pas une année». «Pour mener à bon port cette transition, il faut qu’il y ait une personne consensuelle», a-t-il plaidé. A la question de savoir s’il est appelé à participer au processus du changement enclenché, il dira qu’à aucun moment il n’a été sollicité par qui que ce soit, ajoutant : «Si je décide de revenir aux arcanes du pouvoir c’est pour régler les problèmes de mon pays. Et pour ce faire, il faut un minimum de cinq ans, donc je ne suis pas candidat pour mener une transition». Toutefois, laisse-t-il entrevoir, «si les conditions sont favorables, je serai candidat à la présidentielle». A une autre question traitant de la refonte de l’Etat, l’invité de la Radio évoque trois niveaux à suivre. Il y a d’abord, dit-il, «un niveau pour la refondation des institutions, c’est-à-dire la refondation de l’Etat et de l’administration locale, l’administration régionale, l’administration centrale et l’administration aux frontières. Tout ceci doit être revu pour être au service du citoyen de façon correcte et cohérente, comme cela se passe un peu partout dans le monde. Le second niveau, a-t-il poursuivi, «est celui du programme pour le comportement individuel et collectif. Et là, il faut avoir en point de mire aussi la refondation de l’école à l’optique de la démocratisation de l’accès de l’école et la sortie de 300.000 diplômés qui peuvent être une force extraordinaire au service du développement du pays. Le contraire serait catastrophique si cette force est en chômage aujourd’hui et sans retraite demain. De là, on a la voie de sortie de ce comportement individuel et collectif correct», a-t-il précisé. Le troisième niveau traite, selon M. Benbitour, du «programme pour les politiques sectorielles qui s’occupe de toute la politique de l’agriculture sachant que l’on importe 75% des calories que nous consommons. Or si l’on regarde le potentiel agricole du pays il serait difficile d’accepter de rester dans cette dépendance de l’extérieur en ce qui concerne ce que nous consommons». K. A.
Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.