«Des dépassements flagrants ont été enregistrés dans certaines wilayas. Le sentiment d’indignation est dû aussi au recours à la violence vile qu’on a vue dans d’autres wilayas. En votre nom et en mon nom personnel, je dénonce avec force ces dépassements et ces dérapages, qui ne servent ni la démocratie ni l’Etat de droit.»

Abordant l’échéance du 18 avril prochain, Ahmed Ouyahia a laissé entendre que l’annonce de la candidature de Bouteflika est presque imminente, avant de réitérer, une fois de plus, son appel au président Bouteflika pour briguer un autre mandat. «Notre choix, nous l’avons fait et annoncé en juin dernier, et aujourd’hui nous commençons à entrevoir la lueur de la bougie de cet appel, et nous espérons qu’il se concrétisera», déclare le secrétaire général du RND, qui a fait part de son soulagement concernant la situation du pays et de son «optimisme pour l’avenir». Transition toute faite pour tirer sur les partisans de la rupture et du changement, allusion claire au général-major Ali Ghederi, le candidat surprise de la présidentielle.

«Pour certains hommes politiques, l’avenir est dans le changement, pour ne pas dire dans la rupture. Moi, je dis que l’avenir est dans la continuité au services des résultats, parce que nous sommes un pays en cours de construction et voilà pourquoi nous attendons avec une forte espérance l’annonce de la candidature de Bouteflika.» Hier, à l’issue des travaux du conseil national du RND, Ouyahia a affirmé que son parti n’attendra pas le lancement officiel de la campagne électorale pour investir le terrain. «Notre campagne débutera aujourd’hui et prendra fin le 17 avril», note-t-il. Il a appelé, à cet effet, ses militants et ses cadres, en Algérie et à l’étranger, à se mobiliser pour participer activement à la campagne électorale.

«Le conseil national appelle l’ensemble des militants, des élus et des cadres du parti, à l’intérieur du pays et au sein de la communauté nationale à l’étranger, à se mobiliser pleinement pour prendre une part active dans les préparatifs et le déroulement de la campagne électorale du moudjahid Abdelaziz Bouteflika», écrit le RND, qui «demeure convaincu que ce rendez-vous électoral sera une nouvelle victoire de la démocratie dans notre pays». Pour le leader du RND, la machine électorale de son parti sera actionnée en faveur de la candidature de Bouteflika. «Nos alliés comme nos adversaires savent que le RND est une machine électorale, cela renseigne de la discipline qui règne au sein du parti», précise-t-il.

La déception du RND

Par ailleurs, Ahmed Ouyahia n’est pas du tout content des résultats des élections de renouvellement partiel du Sénat, remportées largement par le FLN. Son parti, dit-il, sort de cette bataille avec un goût amer et un sentiment d’indignation. Ouyahia ne reproche cependant rien à ses militants. Bien au contraire, il pointe du doigt, et de manière frontale, son frère ennemi, le FLN, d’être à l’origine de cette défaite. Effectivement, il explique, à l’ouverture des travaux de la session ordinaire du conseil national du parti, que l’amertume et l’indignation ne sont pas la conséquence des résultats à cette épreuve électorale, mais ces sentiments découlent des dépassements enregistrés dans plusieurs wilayas et de la violence condamnable utilisée au niveau de certaines wilayas.

«Des dépassements flagrants ont été enregistrés dans certaines wilayas. Le sentiment d’indignation est dû aussi au recours à la violence vile qu’on a vue dans d’autres wilayas. En votre nom et en mon nom personnel, je dénonce avec force ces dépassements et ces dérapages, qui ne servent ni la démocratie ni l’Etat de droit», a déploré Ouyahia qui a, par ailleurs, salué «le courage, la discipline et l’engagement» des cadres et des élus locaux du parti «devant ce défi».

«Les dérives que nous venons de vivre ne nous détourneront pas de notre engagement au service du pays et surtout aux côtés du président Bouteflika», affirme-t-il. Mieux, Ouyahia va plus loin dans ses accusations et estime qu’à la veille de chaque scrutin, des calculs sont faits sur le compte de son parti. «Personne ne peut voir en nous un parti de l’opposition. Qu’ils nous relisent jour et nuit, ils ne peuvent pas nous classer comme des opposants. La seule raison de ces dépassements, c’est parce qu’on a peur de nous», tranche le patron du RND.

Cette attaque contre le FLN intervient à la veille de la tenue d’une réunion de l’alliance. D’ailleurs, c’est la première fois depuis la tenue des élections sénatoriales, il y a plus d’un mois, qu’Ouyahia tient un tel discours. Le soir-même du scrutin, le 29 décembre, il ne s’était pas montré aussi virulent et encore moins mauvais perdant. «Nous ne sommes pas contents des résultats, mais nous les acceptons», avait-il soutenu. 

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