(Par Abdelhak Yahya).
Marrakech- Animée d’une grande passion pour l’Histoire, qui illumine les esprits et éveille le sentiment du patriotisme sincère, Mme Aïcha Gantouri, cette professeure universitaire spécialiste en la matière, avec à la clé un brillant parcours académique si singulier et distingué, est l’incarnation de la femme militante constamment au service de la défense de la première cause nationale.
Originaire des provinces du sud du Royaume, Mme Gantouri ne cache pas sa passion sans limites pour l’Histoire et ses grands événements. Cependant, ce qui distingue le riche parcours universitaire de cette femme engagée, c’est bel et bien sa mobilisation infaillible pour mieux faire connaître les faits historiques appuyant la marocanité du Sahara dans les fora nationaux et internationaux.
Se remémorant, non sans nostalgie, les débuts de ce parcours scientifique si alléchant, Mme Gantouri, qui s’est donnée corps et âme pour réussir cette œuvre, a confié à la MAP, avoir fait le choix, après l’obtention de sa licence en histoire en 1982 à Rabat, de se rendre à Paris, en France, pour poursuivre ses études à la prestigieuse Université de la Sorbonne, et plus précisément au Département d’archéologie islamique.
Cependant, les vents de l’Histoire vont vite changer de trajectoire. En effet, Mme Gantouri décida de réorienter son cursus et de rejoindre l’Université Paris 1, où elle a opté pour des études en « Histoire du désert » et ce, pour plusieurs raisons, avec à leur tête son appartenance aux provinces du Sud.
Evoquant ce changement de cap, la professeure à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de Marrakech, a expliqué que ce choix a été motivé par les inestimables recherches réalisées par l’archéologue français Jean Devisse, spécialiste en histoire du désert, qui a effectué d’importantes fouilles et a été l’un des premiers à découvrir la ville d’Aoudaghost (sud de la Mauritanie).
Cette ville ancienne, a-t-elle ajouté, était considérée comme le berceau de la dynastie des Almoravides, dont l’Histoire a été le témoin de sa grandeur et de sa place de choix aussi bien en Occident islamique que dans le Grand Maghreb, notant que ces convictions l’ont poussé à s’inscrire à cette branche universitaire et de figurer parmi les chanceux disciples de ce grand archéologue français.
Si les connaissances historiques contribuent à éclairer certains aspects sombres des faits et événements, Mme Gantouri, elle, insiste sur l’importance de la mission dévolue au professeur d’histoire qui a un rôle majeur et agissant à jouer dans la défense des causes nationales et leur mise en lumière dans tous les fora et colloques organisés à l’échelle aussi bien nationale qu’internationale.
« Vu mon appartenance aux provinces du sud, j’ai participé à une série de conférences, nationales et internationales, autour de notre première cause nationale, en tant qu’intellectuelle et professeure d’histoire. J’ai ainsi constaté que certains méconnaissent énormément de choses sur cette question », a-t-elle poursuivi.
Après avoir relevé le lien historique indéfectible unissant le nord et le sud du Maroc, Mme Gantouri a souligné que « le professeur d’histoire, partant de son statut académique, devrait avoir le dernier mot pour lever toute confusion et mettre à nu les faits erronés entourant la question du Sahara marocain ».
Mettant l’accent sur la grande contribution de la femme marocaine au processus d’édification du Royaume et le rôle de premier plan que la gent féminine a assumé notamment sur les plans politique, économique et social, Mme Gantouri a affirmé que la célébration de la Journée internationale de la femme constitue un moment d’arrêt pour se remémorer les sacrifices consentis par la femme, apprécier à leur juste mesure les réalisations actuelles et prospecter l’avenir avec un grand optimisme.
« Lorsque nous consultons les textes d’histoire, force est de constater que la femme marocaine a toujours été omniprésente pour contribuer à l’édification du pays », a-t-elle dit.
Et d’enchaîner : « De nombreuses personnalités et figures féminines ont marqué de leurs empreintes l’Histoire du Maroc avant l’Islam, telle que la Reine amazighe Dihya, et à l’époque des civilisations qui se sont succédé dans le Royaume après l’avènement de l’Islam ».
Elle a, à cet égard, cité Kenza Al-Awrabiya et son rôle prépondérant lors de l’époque des Idrissides, sans oublier Fatima Al Fihriya et Maryam Al Fihriya dans le domaine de l’architecture, avec la construction de Kairouan en Tunisie et de la mosquée des Andalous à Fès, ainsi que Sahaba Er-Rahmania, qui était l’une des artisanes de la victoire des Marocains lors de la bataille de Oued El Makhazine, et Messaouda El Ouezgitia qui a contribué, à l’époque des Saâdiens, à la construction de la mosquée de Bab Doukkala à Marrakech et de plusieurs écoles en faveur des étudiants démunis.
Et Mme Gantouri de conclure que les rôles avant-gardistes que la gent féminine au Maroc continue d’assumer aujourd’hui dans tous les domaines tels que l’économie, l’industrie, la médecine, l’enseignement et l’aviation, ne cessent d’illuminer tout ce parcours emprunté par les femmes marocaines, soutenant qu’elles ont marqué en lettres d’or l’Histoire millénaire du Royaume par leurs voix plurielles et démarches diverses pour la promotion de leur statut et le développement de leur chère Patrie.
Auteur: Mohammed KOURSI
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