Par Mohamed KOURSI.
Marrakech – Au-delà de son aspect purement religieux et de son ambiance incomparable, la fête de l’Aïd Al Adha, qui jouit d’une place très particulière dans les cœurs des habitants de la cité ocre, à l’instar de tout Marocain, rime avec l’émergence d’une panoplie d’activités liées au rituel du sacrifice, et aux traditions authentiques des familles marrakchies qui veillent à perpétuer durant cette période de l’Aïd certaines traditions de consommation nécessitant toute une logistique très particulière.

En effet, avec l’avènement de l’Aïd El Kebir (Grande fête), de nombreux « petits business » saisonniers fleurissent au niveau des principales artères, espaces publics, ruelles et à proximité des marchés de vente des bestiaux de la cité ocre afin d’offrir aux familles l’opportunité de s’approvisionner près de leurs domiciles sans avoir à se déplacer.

Ainsi, des marchands saisonniers, notamment des jeunes, prennent d’assaut les différents coins de la ville pour étaler leurs marchandises et produits mis en vente, en particulier ceux à fort usage à cette occasion (ustensiles de cuisine, charbon de bois, foins, tajine, tanjia, oignons etc..).

Pour ces « petits commerçants saisonniers », la période de l’Aïd Al Adha leur offre l’aubaine de réaliser de  »bonnes affaires » et tirer profit de cette effervescence qui se déclenche à l’approche de cette fête.

Si pour certains, notamment les chefs de ménages à faible revenu, cette ambiance est synonyme de dépenses, voire de charges financières supplémentaires mais incontournables, elle est, pour d’autres, « l’occasion en or » pour monter de petites affaires afin de générer des revenus qui les aideront à affronter, un tant soit peu, les exigences et les besoins de leur vécu quotidien.

Toutefois, force est de constater que cette ambiance si particulière et très spécifique à l’Aïd El Kebir, dans laquelle plonge la ville des « Sept Saints » à quelques jours de la fête, semble timide cette année, et ces petits métiers saisonniers sont à la peine ! Et pour cause, la célébration de ce rituel intervient dans un contexte inédit induit par la conjoncture que traverse le Royaume en raison de la propagation de la pandémie de la Covid-19.

Cette année, la ruée habituelle des ménages pour effectuer leur approvisionnement en ustensiles de cuisine (tajine, tanjia, couteaux, grilles pour viande, brochettes, brasero etc), demeure loin des attentes, alors qu’on est déjà à la veille de la fête, font remarquer des commerçants approchés par la MAP.

« La fête de cette année est totalement différente de celle des années précédentes », a relevé Khalid, un jeune de 21 ans, qui propose différents produits (charbon, oignons, foins etc…), soulignant que l’activité commerciale en cette période a connu une baisse très sensible.

« Il est difficile à l’heure actuelle d’écouler la marchandise » car, a-t-il expliqué, « les effets de la crise sanitaire liée à la Covid-19 se font clairement sentir sur la demande », d’où le faible engouement des ménages.

« Cette situation inédite nous a poussé à s’approvisionner en petites quantités pour limiter les dégâts », a-t-il expliqué.

Abondant dans le même sens, Mossaab, un étudiant qui s’adonne à cette pratique saisonnière de vente de produits de poterie et du charbon, a indiqué que la demande est en « chute libre » par rapport aux dernières années. Et pour cause, les incidences de la pandémie de la Covid-19 sur les économies et les revenus des familles.

L’activité commerciale saisonnière liée à cette grande fête a été sérieusement affectée par la conjoncture actuelle. De leur avis, le mouton aura, certainement, un goût très différent cette année pour tous, mais la sécurité sanitaire des citoyens passe avant tout.

C’est dans ce sillage que les autorités compétentes ont pris une série de mesures pour l’organisation de l’opération du sacrifice dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus et la garantie du bon déroulement de cette fête dans les meilleures conditions.

Des autorisations sont ainsi délivrées par les autorités locales aux bouchers professionnels et saisonniers, qui sont soumis à des tests de la Covid-19, en coordination avec les autorités sanitaires compétentes.

Ils seront également dotés d’outils et produits susceptibles de garantir le respect des mesures préventives en vigueur, comme les masques de protection, les produits antiseptiques et les désinfectants, le but ultime étant de célébrer un Aïd Al Adha qui ne sera certainement pas comme les autres.

Auteur: Meriem IGASS
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