Dans les différents quartiers de la cité ocre, aussi bien populaires au cœur de l’ancienne médina comme des les zones huppées, des aiguiseurs de couteux avec meuleuse traditionnelle à base de pierre ronde, des vendeurs de foin, de charbon de bois, d’ustensiles en argile… ont investi depuis quelque temps les trottoirs et autres espaces, s’alignant le long des rues comme pour annoncer l’approche de l’Aid Al Adha dans la joie et la bonne humeur.

Il s’agit en fait d’une panoplie de services de proximité que ces vendeurs proposent à leurs clients, tout en leur offrant le choix entre une grande variété d’outillages et d’accessoires, notamment ceux les plus convoités durant la fête du sacrifice.

Une tournée effectuée par une équipe de M24, la chaine télévisée de l’information en continu de la MAP, au cœur de l’ancienne médina a permis de constater de visu toute cette effervescence inhabituelle et cet engouement exceptionnel pour les différents services proposés par ces petits commerçants.

Ainsi, des femmes et des hommes se retrouvent par moment dans une file d’attente, impatience visible sur les visages, avant d’être servis en s’approvisionnant de ces produits jugés indispensables pour l’heureuse circonstance.

Il s’agit d’une aubaine extraordinaire pour nombre de jeunes des quartiers qui s’adonnent à ces métiers, occasion de renflouer leurs poches et de réaliser un bon chiffre d’affaires, même si temporaires, surtout après les deux années de « vache maigre » en raison de la crise pandémique liée au nouveau coronavirus.

Othmane, jeune vendeur de charbon de bois, couteaux et divers accessoires liés à cette fête religieuse si chère à tous, propose ses services à haute voix, espérant pouvoir attirer l’attention des différents clients et passants et les amener, ainsi, à venir en masse découvrir ses étals, en se réservant le droit de leur proposer, dans une démarche marketing improvisée, le meilleur rapport qualité/prix.

« Malgré la montée des prix de certains produits, l’activité commerciale est meilleure que les années précédentes, fortement impactées par la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus (Covid-19) », explique à M24 ce jeune âgé de 22 printemps.

« Chaque Aïd Al Adha, je m’adonne à ce commerce de proximité en vendant aux habitants de ce quartier, du charbon de bois et des articles indispensables pour le rituel de cette fête bénie », relève ce jeune, faisant savoir que cette activité lui offre l’opportunité de faire des économies de quoi subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.

Aïd Al Adha fait aussi le bonheur des aiguiseurs de couteaux. C’est le cas de Karim, un jeune de 31 ans qui s’est initié au métier d’aiguisage depuis des années déjà. « Une semaine avant le Jour « J », les pères de familles s’activent pour prendre soin de leur « armada » d’outils combien indispensables pour une opération d’abatage des bestioles exécutée dans les règles de l’art, et selon les préceptes de l’islam », explique ce jeune marrakchi.

« Nous donnons une nouvelle vie aux vieux couperets pour quelques liards seulement (entre 15 et 30 dirhams), tout en faisant revivifier l’un des vieux métiers et un savoir-faire séculaire qui se transmet de père en fils », souligne ce jeune, ajoutant que ce métier saisonnier lui permet de générer un revenu supplémentaire.

Même son de cloche chez les conducteurs de triporteurs chargés de transporter les moutons, les gérants des dépôts provisoires pour bestioles, les vendeurs de foin et autres pour qui, ces métiers éphémères, dont la durée de vie se résument annuellement en une quinzaine de jours seulement, à même de leur permettre de gagner un peu d’argent, de quoi subvenir aux besoins de leurs familles, surtout à l’occasion de cette fête religieuse qui, tout naturellement, et compte tenu de la générosité des Marocains, engendre naturellement des charges financières supplémentaires.

Hormis leur aspect générateur de revenu, ces petits métiers saisonniers peuvent dans certains cas, donner lieu à un lot de désordre et d’insalubrité (pollution sonore, odeurs, et cumul d’ordures entassées dans la rue…) d’où, le travail colossal opéré par les services de nettoyage et certaines associations de la société civile, en étroite collaboration avec les autorités locales, afin de sensibiliser tout un chacun sur l’impératif majeur de veiller au maintien de l’ordre et de la propreté des quartiers aussi bien avant qu’après l’avènement de l’Aid Al Adha.

Cette mobilisation prend souvent la forme de campagnes de sensibilisation, l’aménagement d’espaces dédiés à cette heureuse fête et la distribution de sacs de poubelles pour la collecte des déchets et leur dépôt dans les coins appropriés.

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Auteur: Meriem IGASS
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