Pour les militants du Rassemblement national des indépendants, et plus particulièrement les membres du bureau politique et du Conseil national, le week-end des 10 et 11 janvier aura été particulièrement dense. La session ordinaire du Conseil national, tenue à cette occasion, a permis non seulement de dresser le bilan des réalisations du parti, mais aussi d’esquisser les grandes lignes de la phase à venir. Mais c’est surtout la journée du 11 janvier qui restera marquée d’une empreinte particulière. Lors de la réunion du bureau politique, le président du parti, Aziz Akhannouch, a créé la surprise en annonçant sa décision de passer le flambeau de la présidence à l’issue de ses deux mandats statutaires. Une décision qui sera formalisée lors d’un congrès extraordinaire prévu le 7 février prochain et qui sera consacré à l’élection d’un nouveau président du RNI. Assumant pleinement le caractère irrévocable de son choix, Aziz Akhannouch l’a justifié par une conviction profonde, presque éthique : celle du respect scrupuleux des principes de démocratie interne consacrés par les textes fondateurs du parti. Sur un ton teinté d’humour, il a d’ailleurs confié avoir été confronté, pour la première fois, à «une opposition quasiment unanime» des membres du bureau politique lorsqu’il a insisté pour que le point relatif à l’élection d’un nouveau président soit inscrit à l’ordre du jour de la réunion. Cette décision, mûrement réfléchie et guidée par le souci de préserver l’esprit démocratique solidement ancré dans les pratiques du RNI, vient aussi clore deux mandats au cours desquels le parti a connu une transformation profonde. Structures, fonctionnement, dynamique militante : tout a été repensé et renforcé, au point de faire du RNI une formation politique métamorphosée et solidement installée au cœur du jeu institutionnel. Aziz Akhannouch dit ainsi s’apprêter à passer le relais avec le sentiment du devoir accompli et une grande sérénité, d’autant plus que le parti traverse aujourd’hui un momentum inédit, porté par son bilan en tant que chef de file de la majorité gouvernementale. D’ici la mi-janvier, les instances du RNI devront désormais se consacrer à la préparation de cette transition délicate. À commencer par l’émergence des prétendants à la succession d’Aziz Akhannouch, une compétition qui s’annonce ouverte… et loin d’être aisée.

Saâd Benmansour

Auteur: Saâd Benmansour
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