«Au nom de la mémoire, nous n’avons pas le droit d’assister passivement à la disparition d’une page de notre histoire, de notre civilisation et de notre culture. Il faut que chaque personne, là où elle se trouve, essaie d’apporter, ne serait-ce qu’une pensée, à cette cité historique.» C’est ce qui ressort des propos de l’invité du Forum d’El Moudjahid, le président de la fondation Casbah-Association de sauvegarde de la médina d’Alger, venu faire le point sur la situation de ce site historique classé patrimoine mondial par l’UNESCO, et établir les perspectives pour lutter contre la dégradation du site.

Ali Mebtouche a commencé d’abord par faire une rétrospective sur les actions menées pour la sauvegarde du site et relever que sa fondation a été créée en 1991 par les anciens du collège Saint-Louis de Soustara, une école qui a donné, selon lui, 147 martyrs de la glorieuse guerre de Libération nationale. «La fondation n’a pas cessé, depuis sa création, d’œuvrer à la restauration de la Casbah dans ses limites historiques et administratives», a-t-il affirmé.
Il est, par ailleurs, revenu sur la classification comme monument national de la vieille médina d’Alger. «Je dois vous dire qu’en 1991, je me suis personnellement rendu, avec Yacef Saadi, dans le bureau de l’ancien chef du gouvernement pour lui proposer que la Casbah devienne monument national, chose qu’il a acceptée», a révélé le président de la fondation Casbah non sans affirmer que cette opération a permis de se tourner vers l’UNESCO qui a classé en 1992 ce joyau architectural patrimoine mondial. Cependant, Mebtouche a soulevé un problème de taille rencontré dans le processus de la classification du site. «Il faut savoir que 80% des habitations de la Casbah appartenaient à des privés. Par conséquent, il fallait les recenser. À cet égard, nous nous sommes réunis à Ibn Khaldoun où nous avons procédé au recensement de plus de 680 familles», a-t-il indiqué avant d’ajouter que la densité humaine a perturbé le site.
«En effet, lors de la glorieuse guerre de Libération national ainsi que durant la décennie noire, la vieille médina d’El-Bahdja a connu un important exode rural», a-t-il souligné, notant dans la foulée que des logements sociaux avaient été accordés pour reloger les habitants de la Casbah. «Au cours des années 1990, quelque 3.000 unités ont été accordées. On a commencé par reloger par le lot de Sidi Ramdane avec l’évacuation d’environ 430 familles», a-t-il confié avant de faire part du fait que la loi n°98/04 du 15 juin 1998 édicte les règles générales de la protection, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine culturel de la nation et parmi, cette dernière, figure le site historique de la Casbah.
L’invité du forum d’El Moudjahid a abordé à ce propos sa dernière rencontre tenue avec le directeur du tourisme et de l’artisanat de la wilaya d’Alger avec lequel, il a abordé les voies et moyens permettant de pouvoir organisé ces secteurs au niveau du site historique.

« Il faut structurer le tourisme. »

«Nous ne sommes pas contre le tourisme dans la Casbah et nous sommes conscient du fait qu’elle ne peut être un corps sans âme», a-t-il affirmé, rappelant que les membres de la fondation ne sont que des retraités travaillant «bénévolement» et avec «amour» pour ce haut lieu d’histoire. 
De son côté, Abdelhakim Meziani a indiqué que le mouvement associatif doit participer, avec «ardeur» et «passion» au travail de la restauration de la vieille ville et estimé qu’il serait intéressant d’accorder les espaces commerciaux aux artisans pour refléter le véritable esprit de la Casbah.
Le vice-président de la fondation et chargé des activités culturelles, a affirmé en effet que l’ensemble des Algériens sont intéressés par sa sauvegarde. «La restauration de la médina d’Alger et des autres médinas d’Algérie témoignent de notre volonté de protéger notre identité ainsi que notre histoire et notre culture», a-t-il assuré.
A noter qu’en marge de la conférence, des représentants d’une association de la communauté algérienne basée à l’étranger ont fait part de l’organisation prochaine dans plusieurs villes d’Europe d’exposition-ventes en vue de récolter des fonds qui devront servir à la restauration de la vieille cité et à la promotion de l’artisanat algérien. 
Sami Kaïdi  
 

Auteur: elmoudjahid
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