«En dépit de la crise interne qui secoue ses structures, le FLN n’entend pas se laisser dépasser par les événements qui s’enchaînent sur la scène politique». En effet, dans une lettre adressée aux militants du parti, son secrétaire général, Ali Seddiki, évoque la prochaine élection présidentielle en la qualifiant d’étape «historique, décisive dans la vie de la nation», invitant du coup ses troupes à «la mobilisation de toutes les potentialités». «Non seulement il n’est pas permis au FLN d’être dépassé par les événements, mais il faudra que ses militants soient à l’avant-garde pour être en cohérence avec la volonté du peuple et son désir de changement et de construction d’une Algérie nouvelle, dont les fondements sont la démocratie et l’égalité sociale», insiste
M. Seddiki. Sur le même ton, celui-ci fera remarquer que «la participation forte et effective des enfants du FLN à la prochaine présidentielle est un devoir national, dicté par la responsabilité historique du parti qui doit être partie prenante du rendez-vous électoral dans les conditions actuelles que connaît l’Algérie».
Aussi, l’intérimaire du secrétaire général du FLN, désigné quelques jours à peine avant l’incarcération de Mohamed Djemaï à la prison d’El Harrach, voit dans le rendez-vous du 12 décembre prochain une occasion pour le doyen des partis de se remettre en selle : «Cette présidentielle sera une opportunité et l’occasion idoine pour améliorer l’image du parti, issu du peuple, aux yeux de ce même peuple.» En effet, le parti a été lourdement ciblé depuis l’émergence du mouvement populaire du 22 février dernier où les manifestants ont demandé que l’ancien parti regagne les pages de l’histoire de la révolution. Evoquant le processus électoral en cours, le secrétaire général par intérim du FLN salue les mesures prises dans le cadre de la préparation matérielle pour le scrutin de décembre, notamment à travers les efforts de l’Autorité de surveillance des élections, la jugeant principal instrument de «garantie de transparence et de crédibilité de l’élection». Contacté par El Moudjahid, Fouad Sebouta, sénateur et cadre du parti, a pour sa part, mis en avant la mobilisation des cadres et militants du FLN en prévision du rendez-vous du 12 décembre. «Le comité central du parti se réunira en session extraordinaire pour trancher sur la manière avec laquelle il compte s’impliquer dans la prochaine présidentielle» a-t-il indiqué. Bien que restant assez évasif, celui-ci n’a pas écarté l’éventualité de voir le FLN présenter son propre candidat au terme des travaux de cette réunion du comité central. En outre, l’intérimaire de Djemaï ne manque pas de cibler «certaines parties qui cherchent à exploiter le désir de changement exprimé par le peuple pour porter préjudice au FLN». Allusion faite, certainement, à ceux qui appellent à la dissolution du FLN ou à son placement dans un musée en tant que «patrimoine national».
Pour rappel, le secrétaire général par intérim de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Mohand Ouamar Benelhadj, a réclamé un nombre incalculable de fois, la mise au musée du sigle FLN, y compris après l’incarcération de Mohamed Djemaï. « Le FLN n’a plus sa raison d’être aujourd’hui. Nous avons demandé plusieurs fois aux autorités d’enlever ce symbole. Nous réitérons cet appel», a-t-il indiqué, arguant du fait qu’«il s’agit d’un patrimoine national qu’il faut mettre à l’abri des exploitations politiciennes à des fins personnelles».
Pour sa part, Seddiki n’est pas allé de main morte pour dénoncer «ceux qui pensent pouvoir porter atteinte au parti en exploitant la situation actuelle du pays et le désir de changement». En effet, selon lui, «il est hors de question pour le doyen des partis, de quitter la scène, après l’avoir occupée pendant plus de six décennies et toutes les contributions qu’il a pu apporter au pays pendant tout ce temps ».
    Salima Ettouahria
 

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.