Essaouira – L’Andalousie et la ville d’Essaouira ont fait de la diversité culturelle le meilleur de ce qu’elles ont en commun comme héritage, a souligné, samedi à Essaouira, le ministre régional de la présidence du gouvernement autonome d’Andalousie, Elias Bendodo.
« La ville d’Essaouira et la région de l’Andalousie disposent de grandes similitudes car toutes les deux ont été traversées par les civilisations les plus avancées, à même de permettre à chacune d’elles de faire de la diversité culturelle ce qu’elle a de mieux dans son héritage », a-t-il indiqué lors de sa participation au forum-agora de la 16è édition du Festival des Andalousies Atlantiques.
« Il existe certainement beaucoup de choses qui nous unissent que celles qui nous séparent », a fait remarquer M. Bendodo, disant toute sa fierté et sa joie de se retrouver à Essaouira le temps de ce festival unique au monde par son concept et sa démarche, au service de la promotion du dialogue et de la compréhension mutuelle entre les peuples et les citoyens.
Tout en émettant le souhait que cet événement de haute facture puisse être dupliqué à travers le monde, il a loué tous les efforts déployés par la Fondation des Trois Cultures pour le rapprochement entre les peuples et la promotion de la diversité culturelle, avec à l’actif deux décennies de projets et d’activités institutionnelles, ayant comme objectif prioritaire celui de promouvoir le dialogue, le respect, la connaissance et de les utiliser pour contrecarrer le radicalisme.
« A Séville comme à Essaouira, Juifs, Musulmans et Chrétiens peuvent se rencontrer et échanger dans le respect mutuel », a-t-il poursuivi, mettant en avant l’importance de ce forum comme laboratoire d’idées et de réflexions qui se développe d’une édition à l’autre.
Rappelant la visite au Maroc, en juin dernier, du président du gouvernement autonome d’Andalousie, M. Juan Manuel Moreno, il a souligné l’importance de renforcer et de densifier la coopération entre les deux parties, qui ont su préserver ce traditionnel environnement chaleureux.
Dans la foulée, M. Bendodo a estimé que le temps est arrivé pour atteindre un niveau supérieur de partenariat « parce que ce n’est pas uniquement le passé qui nous unit et réunit, c’est notre avenir aussi. L’avenir de deux peuples qui doivent se comprendre et collaborer ensemble pour pouvoir projeter un avenir de progrès et de développement partagé ».
« Cela ne sera pas la dernière fois que nous allons parler dans cet espace culturel exceptionnel qui se veut une référence incontournable du dialogue et de la coexistence qu’Essaouira représente dans le monde entier », a-t-il relevé, notant que dans une société troublée où la réalité du jour est parsemée de conflits et de désaccords, « il est de notre devoir d’oeuvrer, la main dans la main, pour un présent et un avenir meilleurs ».
De son côté, la ministre régionale de la culture et du patrimoine historique au gouvernement autonome d’Andalousie, Patricia Del Pozo Fernandez, a fait part de son immense joie et de sa grande fierté d’être au Maroc, et plus précisément à Essaouira, pour assister au Festival des Andalousies Atlantiques qui « constitue pour nous l’un des événements culturels les plus prestigieux ».
Tout en mettant en relief l’importance accordée à la culture au niveau de la région de l’Andalousie, comme vecteur de rapprochement et de compréhension mutuelle entre les peuples et levier de développement socio-économique, Mme Del Pozo Fernandez a réitéré sa détermination et son engagement à soutenir ce Festival et à consolider et raffermir les liens de partenariat culturel entre la région de l’Andalousie et celle d’Essaouira.
Par la même occasion, elle a proposé de procéder, lors de la prochaine édition du Festival des Andalousies Atlantiques, à un jumelage entre le flamenco et la musique andalouse, soulignant que ce Festival est un concept novateur et une vraie école en matière du vivre-ensemble.
M. Rachid Belmokhtar, membre de l’Association Essaouira-Mogador, a loué les efforts déployés par l’Association pour la promotion des valeurs de paix, de tolérance et de coexistence, mettant en exergue l’approche adoptée localement, à savoir celle de faire de la culture un moteur de la dynamique locale de développement.
Essaouira offre une opportunité si singulière pour l’immersion dans la culture, dans les arts et surtout dans l’histoire du Maroc, sachant qu’une grande partie de l’histoire du Royaume s’était jouée dans cette cité universelle, a-t-il dit.
Le président de la Biennale du Flamenco à Séville, M. Antonio Zoido, s’est félicité de sa présence à Essaouira, ville incontournable de la richesse et de la diversité culturelle et artistique, avant de mettre l’accent sur les similitudes et les passerelles étroites existant entre le flamenco et la musique andalouse et ce, au-delà des singularités propres à chaque style de musique.
Quant à l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, M. Ricardo Diez-Hochleitner, il a mis en avant une confluence de facteurs qui font actuellement du Festival des Andalousies Atlantiques, une occasion très particulière de mise en valeur de la relation entre l’Espagne et le Maroc, rappelant la célébration, cette année, du 20ème anniversaire de la Fondation des Trois Cultures à Séville.
Après s’être félicité de la présence d’une forte délégation espagnole au Festival des Andalousies Atlantiques, le diplomate espagnol a relevé l’existence d’une chose qui « nous unit très profondément au-delà des chiffres économiques et commerciaux, au-delà de la magnifique entente politique qui lie nos deux Royaumes, une chose qui existe et se porte très profondément dans le coeur de chaque Espagnol et de chaque Marocain, à savoir la culture ».
Et de poursuivre qu’Essaouira est devenue « un lieu et un lien qui nous offrent l’opportunité de célébrer cette réalité et de la projeter vers l’ensemble de nos voisins de la Méditerranée. Ensemble, culture musulmane, culture juive et culture chrétienne constituent un berceau qui part du même Livre, qui ont su en Espagne et au Maroc vivre ensemble de façon fructueuse, cordiale et particulièrement exemplaire ».
Il a, dans ce sens, noté qu’il ne suffit pas de porter la culture dans le coeur, mais il faut en faire une réalité et la transmettre aux gens pour qu’ils la vivent et la ressentent, estimant qu’Essaouira offre cette opportunité.
Ce Forum-Agora a été agrémenté par une série de témoignages et de chants interprétés par des artistes, dont Benomar Ziyani, Lalla Tamar, Hicham Dinar et autres, à travers lesquels ils ont bien voulu livrer des messages de paix, de tolérance, d’amour et de fraternité.
Auteur: Meriem IGASS
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