Par Omar Er-rouch
Marrakech- Alors que le mécénat s’est ralenti en raison de la crise sanitaire induite par le nouveau coronavirus (Covid-19), moult associations d’aide aux plus démunis voient leurs moyens menacés, à l’instar de la Ligue Marocaine pour la Protection de l’Enfance (LMPE), antenne Marrakech-Safi, qui ne cesse de plaider en faveur d’une mobilisation citoyenne pour venir en aide aux enfants en situation de vulnérabilité.
Souffrant d’une baisse drastique de ses fonds, la LMPE Marrakech-Safi a lancé un appel aux âmes charitables parmi les donateurs et les acteurs de la société civile, afin qu’ils réagissent dans l’optique de permettre à cette association à vocation humaine et sociale de soutenir les enfants pris en charge ainsi que leurs familles.
« Notre message s’adresse à la conscience collective marocaine. Nous faisons appel à l’ensemble des forces vives du Royaume pour venir en aide à ces enfants, que ce soit à Marrakech ou dans d’autres villes », a lancé de vive voix, la présidente de la Ligue Marocaine pour la Protection de l’Enfance (LMPE), antenne Marrakech-Safi, Mme Lamia Lazrek.
Quelque 86 enfants sont actuellement accueillis dans les locaux de la LMPE Marrakech-Safi, dont des enfants aux besoins spécifiques (25 enfants), des bébés de moins d’un an, des enfants en situation de vulnérabilité et des enfants abandonnés, a-t-elle tenu à préciser dans un entretien accordé à la MAP, rappelant que ces enfants sont entièrement pris en charge par la LMPE Marrakech-Safi, notamment en ce qui concerne les soins, la scolarité et l’accompagnement psychologique et parascolaire.
Des services vitaux qui sont, désormais, compromis par la crise sanitaire, qui a durement frappé le flux de donations faites à l’association ayant subi de lourdes conséquences sur ses charges fixes et ses besoins au quotidien.
« Nous sommes conscients que la crise sanitaire induite par la Covid-19 a impacté l’ensemble des secteurs sans exception. En revanche, les actions sociales demeurent les plus touchées par la crise, et le futur des enfants accueillis dans les locaux de la LMPE dépend de réelles nécessités quotidiennes (nourriture, soins, scolarité…). Il est ainsi de notre devoir de s’entraider au profit des couches sociales les plus sensibles », a souligné Mme Lazrek.
Tout en remerciant les autorités compétentes pour leurs efforts inconditionnels au profit des enfants de ce magnifique écosystème social, elle a exhorté notamment le secteur privé à « s’activer davantage et créer la différence. Nous ne pouvons pas nous baser uniquement sur les aides de l’État, puisque la société est composée de plusieurs acteurs agissants, et ils peuvent réellement aider ces enfants-là ».
« En collaborant ensemble : tissu associatif, institutions publiques et secteur privé, nous pouvons donner l’occasion à toute une génération de développer un sens de citoyenneté élevé. Et par la même occasion, diminuer considérablement cette problématique d’enfants en situation de précarité et de vulnérabilité », a dit cette militante associative.
« Nous nous ne voulons pas que ces enfants, issus de notre propre société, aient à subir les conséquences de l’insouciance des parents ou de la pauvreté », a souligné Mme Lazrek.
En effet, la mission sociale de la LMPE Marrakech-Safi est entravée par le manque de moyens financiers, alors que « durant cette crise, la couche sociale la plus fragile produira de plus en plus des enfants victimes de violence, de mendicité voire même de l’abandon », a-t-elle alerté.
« Nous avons malheureusement été forcés de supprimer deux services clés dans la LMPE Marrakech-Safi, celui de l’assistante sociale, qui travaillait dans l’accompagnement des mères en situation de précarité, et le deuxième, celui des nurses spécialisées dans les situations de handicap, parce que nous sommes quasiment impuissants de prendre en charge d’autres enfants », a déploré Mme Lazrek.
Outre son incapacité d’accueillir des enfants en situation de précarité, la mission clés de la LMPE d’accompagner les mères en situation de vulnérabilité est aussi touchée par ce déficit en moyens financiers.
« Nous sommes dans l’impossibilité de leur offrir la prise en charge de leurs enfants à la naissance comme nous avions l’habitude de le faire par le passé, en guise d’alternative essentielle pour éviter qu’elles abandonnent leurs bébés », a expliqué Mme Lazrek.
Désormais, le problème se situe également sur le court et moyen termes. « Nous ne pouvons malheureusement pas mettre en place une stratégie de fonctionnement au sein de la LMPE Marrakech pour manque de fonds. Notre budget se détermine au jour le jour, et nous procédons toujours par priorité pour les enfants que nous hébergeons dans le Centre », a expliqué Mme Lazrek.
Dans ce sens, elle a souligné que la dépendance de la LMPE Marrakech-Safi du mécénat « entretient un doute permanent par rapport à notre capacité d’assurer nos fins de mois ».
Une épée de Damoclès qui est, désormais, suspendu sur cet écosystème social et ses locataires, et prend en otage l’avenir d’enfants innocents qui ont besoin d’un coup de pouce pour réussir dans la vie.
Auteur: Mohammed KOURSI
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