Le Premier ministre britannique Andy Burnham se dit prêt à rouvrir le débat sur la libre circulation des personnes entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Dans des propos rapportés ce dimanche 25 octobre 2026, il évoque un dialogue fondé sur les faits et la possibilité de relations économiques plus étroites avec Bruxelles. Aucun accord de rétablissement de la libre circulation n’a cependant été annoncé et les règles actuelles de visa et de travail restent en vigueur.
L’essentiel
Andy Burnham souhaite discuter du retour de certains droits de mobilité entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Il ne s’agit ni d’une réouverture automatique des frontières ni d’un retour décidé dans l’UE. Une rencontre avec des responsables européens est annoncée pour le 20 novembre 2026.
Pourquoi Londres relance-t-il la discussion ?
Dans un entretien accordé au Sunday Times et repris par Reuters, le Guardian et Sky News, Andy Burnham a défendu un débat ouvert sur les avantages économiques et les difficultés de l’ancienne libre circulation des travailleurs. Il distingue notamment les séjours de travail temporaires de l’immigration durable.
Cette position intervient dans un contexte de recherche de croissance économique et de rapprochement avec les partenaires européens. Aucun texte négocié, mandat juridique ou calendrier de changement des règles migratoires n’a été présenté.
Brexit : ce qui a changé depuis 2021
Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne le 31 janvier 2020. La période transitoire a pris fin le 31 décembre 2020 et la libre circulation des travailleurs avec l’UE a cessé à compter du 1er janvier 2021.
Depuis, un système d’immigration à points encadre généralement l’accès à l’emploi britannique des nouveaux arrivants, y compris des Européens qui ne disposent pas de droits de résidence antérieurs. Les ressortissants irlandais et les personnes relevant de certains statuts protégés par l’accord de retrait suivent des règles particulières.
Avant le Brexit, les citoyens européens pouvaient généralement venir vivre et travailler au Royaume-Uni sous les conditions du droit de l’UE. La suppression de cette liberté faisait partie des grandes conséquences politiques du référendum de 2016.
Marché unique, union douanière et libre circulation : trois notions à distinguer
Un rapprochement commercial avec Bruxelles peut prendre plusieurs formes : accords sectoriels, alignement réglementaire, union douanière ou participation au marché unique. L’union douanière concerne principalement les règles tarifaires sur les marchandises et ne rétablit pas automatiquement la libre circulation des travailleurs.
Une participation complète au marché unique implique des obligations beaucoup plus étendues, dont la circulation des personnes. Rejoindre de nouveau l’UE serait une autre démarche juridique et politique nécessitant l’accord des parties. Burnham n’a pas proposé d’adopter l’euro ou de rejoindre l’espace Schengen.
Pourquoi l’immigration reste un sujet politique sensible
La libre circulation avait été un thème majeur de la campagne du Brexit. Selon les chiffres de l’Office britannique des statistiques nationales repris par la presse, la migration nette totale atteignait 335 000 personnes sur les douze mois clos en juin 2016. Elle a culminé à 944 000 sur l’année close en mars 2023, avant de redescendre à environ 171 000 en 2025. Ces nombres concernent toutes les nationalités et non exclusivement les Européens.
Les partis opposés au rétablissement de la libre circulation, notamment les conservateurs et les partisans de Nigel Farage, estiment qu’une telle option remettrait en cause le vote de 2016. Il s’agit de positions politiques contestées, pas de conséquences d’une mesure déjà adoptée.
Qu’est-ce qui changerait pour les Européens ?
Si Londres et Bruxelles devaient négocier une nouvelle mobilité, les dispositions précises seraient déterminantes : nationalités concernées, durée des séjours, reconnaissance des diplômes, accès à l’emploi, fiscalité et conditions de résidence.
Un simple souhait de discussion n’accorde actuellement aucun droit supplémentaire aux travailleurs. Il faudra distinguer une déclaration politique, un mandat de négociation et un accord juridiquement applicable.
Pour les Tunisiens, aucun nouveau droit automatique
Le point est essentiel pour les ressortissants tunisiens : un futur accord de libre circulation entre Londres et les États membres de l’UE ne donnerait pas automatiquement aux titulaires d’un passeport tunisien le droit de travailler ou de résider au Royaume-Uni.
Les demandeurs tunisiens restent soumis aux règles britanniques selon leur statut. Une éventuelle seconde nationalité européenne ne confère pas, à elle seule dans le régime post-Brexit actuel, un droit automatique de travailler au Royaume-Uni, sauf statuts de résidence protégés ou autorisations particulières.
Le rendez-vous annoncé pour le 20 novembre 2026 pourra éclairer les orientations politiques, sans présumer d’un changement immédiat des visas ou des accords commerciaux.
Ce qu’il faut retenir
Aucun changement de règles aujourd’hui : les visas, les autorisations de travail et les régimes de résidence existants restent applicables. Les éventuelles négociations devront définir explicitement les personnes et activités concernées.
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Auteur: balkis T
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