«Le « Mouvement » a engagé des discussions avec toutes les parties sur le point de savoir s’il faut opter pour le maintien du gouvernement jusqu’aux prochaines élections ou le remplacer par un cabinet de technocrates » : cette déclaration de Rached Ghannouchi abondamment commentée tant par le microcosme politique que par la presse a fait l’effet d’une pierre dans la mare ce dernier week end tant elle jure avec les positions précédentes du président d’Ennahdha. Car pendant des mois, il a été le seul soutien de Chahed au nom de « la stabilité gouvernementale » au point de susciter l’ire du président de la République et l’amener à annoncer la fin de l’alliance avec Ennahdha. Sans l’appui d’Ennahdha Youssef Chahed n’aurait pas résisté un instant sous les tirs croisés tant des partis qu’ils soient de droite ou de gauche et de la toute-puissante centrale syndicale.
On sait depuis longtemps que le mouvement Ennahdha n’a pas d’amis, mais des intérêts, mais le revirement est cette cette fois-ci radical, parce qu’il cache certainement quelques craintes que certains amis de Chahed ont nourries par leur rodomontades comme le fait de dire que le nouveau parti ambitionne de gouverner seul et que l’alliance avec Ennahdha n’est qu’un pis aller en attendant des jours meilleurs. Un large frange de millitants nahdhaouis comme Lotfi Zitoun s’en est fait l’écho d’ailleurs, appelant même à renouer avec le président de la République jugeant les nouveaux alliés moins fiables. La dernière visite de Chahed à Paris où il a été reçu en grande pompe a dû les conforter dans leurs appréhensions.
Ceci veut-il dire que le sort de Chahed est scellé et que nous allons assister à la création d’un front anti-chahed qui va de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Tout est possible quand on se rappellec les péripéties que la classe politique nous a fait vivre depuis l’été.
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