Par Sarah Raïmouche
Qui ne connaît pas TikTok ? Au pire, a vu au moins une de ses millions de vidéos. Ce «réseautage» social provoque un véritable bouleversement des codes auprès des jeunes. Incontestable phénomène de société, TikTok est aujourd’hui la 4e application la plus utilisée dans le monde. Une appli chinoise au cœur de toutes les sociétés du monde….
La période de confinement a laissé le champ à l’utilisation de plusieurs applications et la création de nouveaux contenus. Et le dernier classement des applis stars dévoilé par la société américaine App Annie le prouve. Ce classement a provoqué un véritable tsunami chez les spécialistes. L’appli-phénomène auprès des adolescents, TikTok, arrive en 4e position, juste derrière les incontournables Messenger, Facebook et WhatsApp, et détrône ainsi Instagram.
La période de confinement de 2020, respectée par pratiquement le monde entier, aura été extrêmement profitable à TikTok. En 5 mois, l’application est passée de 1,5 milliard à 2 milliards de téléchargements. Elle entre ainsi dans un cercle très fermé, qui ne regroupe que 4 happy few : Facebook, WhatsApp, Instagram et Messenger. Inconnue du grand public il y a encore trois ans, la start-up chinoise est parvenue à se hisser au niveau des plus grands grâce à une judicieuse stratégie de croissance externe. Une performance qui lui permet d’être aujourd’hui l’appli la plus téléchargée sur iPhone et de se classer n°1 dans la catégorie «divertissement» de l’Apple Store.
Mais c’est quoi exactement ?
Comme le prouve son logo en forme de note musicale,TikTok est lié au monde musical et de divertissement. Elle permet aux utilisateurs de visionner des clips musicaux, mais également de filmer, monter et partager leurs propres clips. C’est un jeu d’enfant ! L’utilisateur choisit une chanson, puis se filme par-dessus pendant 60 secondes. L’application comporte de nombreux titres ainsi que de nombreux genres musicaux, dont le hip-hop et la musique électronique. Du fait de son influence, l’application a vu naître plusieurs tendances virales, popularisé plusieurs chansons et propulsé des utilisateurs au rang de personnalités sur le Web. Ce qui fait qu’elle compte maintenant un milliard d’utilisateurs dans le monde. Cette application de création et de partages de vidéos légères, en boucle, d’une durée assez courte, a connu un véritable essor pendant le confinement. Très populaire auprès des 15-25 ans, c’est la nouvelle application phare des jeunes. Et ils s’en donnent à cœur joie à travers des playbacks, des chorégraphies et des challenges. Des challenges sont lancés dans divers pays en lançant même des battles entre utilisateurs de plusieurs pays.
Les challenges secrets de réussite de TikTok
Sur les réseaux sociaux, les challenges s’enchaînent, plus ou moins loufoques, positifs, écologiques ou plus ou moins dangereux. «Durant le confinement avec ma fille, nous nous sommes amusés à faire des petites vidéos sur des challenges de danse avec les pieds et tout. Je trouve que cela est très sympathique et cela nous a permis de passer de bons moments. J’ai pu retrouver une certaine complicité avec ma jeune adolescente, assez renfermée. A mon avis, il ne faut pas rejeter en bloc ce genre d’applications mais savoir les gérer et accompagner nos enfants. Je fais du télétravail. Cela m’a permis de décompresser», assure Malek 40 ans. Et d’ajouter : «Je veux rester dans le coup !» Il y a aussi des challenges à responsabilité sociétale comme pour la préservation de la ressource hydrique ou encore la protection de l’environnement. Pour ce dernier challenge, l’Algérie a été bien représentée par de jeunes volontaires. Younes a vu ses vidéos et ses photos faire le tour du monde lorsqu’il a lancé le challenge #Trashchallenge, défi proposant d’immortaliser l’avant-après d’un endroit souillé par les déchets, Younes se souvient avoir reçu dès le début des photos traversant la planète, de l’Australie au Népal.
Ou encore, #FillTheBottle, un appel à remplir des bouteilles de mégots trouvés par terre. Ramasser des déchets, nettoyer un quartier, photographier un paysage abîmé… Ces deux dernières années, les «challenges écolos», consistant à relayer sur les réseaux sociaux un hashtag accompagné d’une photo du défi accompli, ont eu une portée planétaire. Reprenant les habitudes digitales et les préoccupations écologiques des 15-25 ans, des challenges comme #CleanSnap (26,1 millions de vues sur TikTok), #DifferentWorld (133 millions) ou encore #ForClimate (515 millions) ont explosé les compteurs sur Instagram, TikTok ou Twitter. Mais le dernier challenge qui fait le tour du monde inquiète les médecins. Il s’agit de «scalp popping», en vogue sur TikTok, il consiste à tirer une mèche de cheveux pour la faire craquer, ce qui inquiète les médecins qui alertent sur sa potentielle dangerosité. Le principe de ce défi, qui se réalise souvent à deux est simple : il s’agit d’enrouler une mèche de cheveux autour de son doigt avant de tirer dessus. Si le challenge est «réussi», on entend alors un bruit sec, qui fait penser au craquement de doigts ou de nuque. Des milliers de tiktokeurs ont tenté l’expérience. Aujourd’hui, le hashtag #ScalpPopping recueille près de sept millions de vues sur la plateforme. À l’origine de ce défi devenu viral, la vidéo d’une jeune fille expliquant que sa mère a recours à un «remède mexicain» pour lutter contre les migraines : elle tire sur ses cheveux jusqu’à entendre ce fameux bruit sec.
Une appli qui cause divorces et disputes en Algérie
Mais en Algérie, le challenge qui reste le plus répandu est celui de la danse notamment kabyle. Et cela provoque des drames familiaux. «J’ai découvert par hasard que mon épouse envoie régulièrement des posts sur TikTok où elle montrait son déhanché. Je n’arrivais pas y croire. Je me disais que ce n’était pas elle. Mais, c’était bien le cas. Le pire était quand je lisais les commentaires pervers. Et dire que je croyais avoir épousé un parfait ange qui ne sortait de la maison qu’avec mon autorisation», affirme Kamel, 35 ans. Ce dernier a demandé le divorce. «Le seul regret que j’ai est que je ne pourrai pas expliquer concrètement à ma fille le motif de notre divorce.» Ce cas n’est pas isolé, mais cela arrive la plupart du temps lors de la période des fiançailles. «Quand j’ai su que beaucoup de femmes postaient leurs vidéos sur TikTok pour gagner de l’argent, la première question que je pose à ma future épouse est si elle a un compte sur cette application et pourquoi. Et comme la plupart d’entre elles portent le hidjab ou le djilbab dans la rue, ce n’est pas facile de la reconnaître. Je n’aimerais pas épouser une femme qui a pu faire fantasmer des milliers de fans ! » affirme catégorique Mohamed, 25 ans. «Pour moi, elle ne serait pas un bon exemple pour mes enfants !» Les mineurs sont aussi une proie facile pour les pirates et autres criminels qui se cachent. En effet, à mesure que la popularité de ces médias sociaux grandit, notamment l’application TikTok, les risques liés à son utilisation augmentent aussi. Les pirates, les spammeurs, les auteurs de virus et les voleurs d’identité, et autres criminels suivent également cette tendance.
S. R.
Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.