Au cœur de notre diasporaAu cœur de notre diaspora

Immersion
Quelle que soit la génération, l’amour du pays d’origine est incroyable et même si les attentes, les besoins, les envies des Marocains de la diaspora sont divers, le désir de participer au développement du Maroc, de se sentir impliqués, de vouloir être pris en compte en tant qu’acteurs, est identique.

Retour à mon vécu. La semaine dernière je me suis replongé corps et âme au sein de la diaspora dont je suis originaire. Même si je le fais régulièrement, cette fois-ci avait un goût tout particulier. En effet mon séjour parisien était tout entier consacré à des rencontres avec nos compatriotes de là-bas. Tout d’abord un superbe événement organisé par l’association Génération Diaspora, le «Diaspora Ciné-Talk» 1ère édition, consacré au documentaire «Mon Oriental» de Jaouad et Khalid Zaouche.
J’ai passé toute la journée avec ces jeunes acteurs associatifs et culturels, d’abord pour les préparatifs puis pour l’événement lui-même.
Un réel plaisir de s’immerger au sein du public présent, plus de 70 personnes, en majorité des jeunes mais également des parents.
L’occasion d’écouter leurs interventions, leurs réflexions, de partager des points de vue mais aussi de rire des mêmes choses, de s’inquiéter des mêmes préoccupations…
Il faut dire que notre chère ambassadeure Samira Sitail, présente à l’événement, sait à merveille assurer son rôle : proche, à l’écoute, disponible, à la fois décontractée et sérieuse, elle a remporté tous les suffrages, saluant chaque participant (e) et répondant à chaque question, même lorsque celles-ci n’avaient pas de rapport direct avec le sujet de l’événement – ce qui est le lot de tout rassemblement de ce type. La présence de Samira a apporté un véritable supplément d’âme à cette activité dont les jeunes organisateurs -un peu anxieux au départ- se sont acquittés avec beaucoup de passion et de cœur.
Ce séjour m’a permis bien d’autres rencontres, tout d’abord avec les amis d’enfance de mon quartier de la Goutte d’Or, que je retrouve à intervalles réguliers et avec lesquels je redécouvre en France ce parfum du Maroc : le goût du couscous du vendredi en commun, du verre de thé partagé à la terrasse du café du coin, ou encore le spectacle d’un match de foot sur le terrain du Square Léon.
Là les discussions sont différentes, elles sont celles d’une autre génération et de responsabilités différentes : le prix des billets d’avion cet été pour rentrer au pays, avec l’augmentation du kérosène, l’attente dans les ports et aux postes de douane, et cette année la joie toute particulière de trouver une campagne verdoyante après les pluies de cet hiver.
Une constatation s’impose avec force, quelle que soit la génération, l’amour du pays d’origine est incroyable et même si les attentes, les besoins, les envies des Marocains de la diaspora sont divers, le désir de participer au développement du Maroc, de se sentir impliqués, de vouloir être pris en compte en tant qu’acteurs, est identique.
J’ai aussi eu le bonheur de me retrouver aux côtés de jeunes engagés dans le mouvement associatif, outre les jeunes de Génération Diaspora, le plaisir de discuter avec les jeunes filles de El Qantara – magnifiques d’esprit d’innovation – avec les jeunes de l’Alliance Maroc-France – nouveaux venus déterminés dans le paysage et bien sûr les amis de TFT Morocco – qui ne cessent d’étendre avec bonheur leur réseau, notamment avec la création de TFT France…
Je voudrais terminer cette chronique par un propos de Samira Sitail qui m’a beaucoup touché et avec lequel je suis en total accord. En effet, évoquant le parcours de nos parents, elle a affirmé que nous ne les avions pas suffisamment honorés, ce en quoi elle a parfaitement raison…
Bien sûr certains d’entre nous ont perdu leurs parents -Allahyrahmou- d’autres – Hamdoulillah – les ont encore auprès d’eux, un jeune artiste Majid Eddaikhane – magnifique dans son art du stand-up, de la comédie, du théâtre – leur rend un vibrant hommage avec beaucoup d’humour et de sensibilité dans son spectacle Schizophrénie. Il se produit à Paris le 22 mai, allez le voir et… emmenez-y vos parents !

Auteur: Ahmed GHAYET
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