«L’écoute attentive des partis, syndicats et associations nous a permis de dresser une feuille de route consensuelle pour une présidentielle réussie», a estimé le conférencier.
Mission accomplie pour l’instance nationale de dialogue et de médiation ? «Oui, nous avons partagé au sein de cette Instance une démarche et une vision animées par le seul désir de contribuer à faire converger la plus petite expression patriotique pour remettre notre pays sur de bons rails», répond le président de la Commission politique de l’instance de médiation et de dialogue, M. Ammar Belhimeur, invité hier à notre forum.
M. Belhimeur reconnait que la mission de médiation était ardue et e difficile car «nous assistons, notamment depuis 2012, à une érosion des espaces de débat avec une médiation sociale corsetée, bridée, et une médiation politique déficiente», dira-t-il. Rappelant les conditions dans lesquelles l’Instance a accompli sa tâche, notre invité affirme qu’un gigantesque travail d’écoute a été consenti : un programme de rencontres a été élaboré incluant les acteurs politiques individuels et collectifs, les représentants du mouvement citoyen et du monde universitaire ainsi que des syndicats autonomes.
Par souci de respecter la volonté des animateurs du mouvement citoyen, les partis de l’ex-alliance présidentielle ne sont pas invités au dialogue», dira M. Belhimeur qui reste convaincu que «l’écoute attentive des partis, syndicats et associations nous a permis de dresser une feuille de route consensuelle pour une présidentielle réussie dans les meilleurs délais».
L’Instance a-t-elle réussi son pari de réunir le consensus ou, à défaut, l’adhésion majoritaire, au projet de scrutin présidentiel ? «Les choses évoluent dans la douleur et la difficulté mais elles évoluent même si aujourd’hui encore j’ai ce sentiment d’illisibilité, d’absence de visibilité qui caractérisent cette situation», répond notre invité qui reconnait que «sans caution populaire, aucune démarche ne pourrait offrir des garanties d’aboutissement». Il reste maintenant, selon notre invité, de réunir les conditions adéquates pour l’organisation de cette élection dans la transparence et la neutralité en vue de préserver les institutions constitutionnelles».
L’intervenant affirme que lors des rencontres, il s’est avéré que le départ préalablement exigé du chef de l’Etat, M. Abdelkader Bensalah n’est plus repris de façon aussi pressante : l’exigence du respect de la Constitution ayant été relativement convaincante.
Par contre, le changement de gouvernement, avec le départ du Premier ministre, reste une exigence de l’ensemble de la classe politique consultée et du mouvement citoyen. Le président de la Commission politique a également évoqué «l’importance d’aller vers une élection présidentielle dans les plus brefs délais».
Ce qui est conditionné, d’après lui, par «l’installation d’une instance d’organisation de l’élection présidentielle qui aura un contrôle total sur tout le processus et l’amendement partiel de la loi électorale, la démission du gouvernement Bedoui, l’application de mesures politiques et sociales d’apaisement».
L’organisation de l’élection présidentielle dans des délais raisonnables et acceptables
Comment convaincre les Algériens de la justesse de sa démarche et par conséquent de la nécessité de l’organisation d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais ?
«Le panel a proposé non seulement un amendement partiel de la loi électorale mais aussi une série de mesures contenues dans le rapport final et qui peuvent constituer des garanties à même de rassurer les personnalités politiques et les représentants de la société civile», répondra notre invité. M. Belhimeur rappellera que ces résolutions préconisent l’adoption d’une solution dans le cadre de la Constitution comportant principalement un volet constitutionnel et un volet politique.
«Parmi les mesures de sortie de crise préconisées, on recense la mise à l’écart de tous les symboles de l’ancien système politique, l’ouverture de la sphère politique et médiatique et la cessation de toutes les restrictions, mais aussi le respect des libertés individuelles et collectives ainsi que le respect de la liberté d’expression et le refus des interpellations liées à son exercice».
À propos de l’organisation de l’élection présidentielle, cette échéance est rattachée à un accord sur la constitution de l’Instance indépendante d’organisation et de supervision, sa composante, son cadre juridique et l’ensemble de ses prérogatives. Un début de transition démocratique et de construction de l’Etat national est alors envisagé.
La plate-forme d’Ain Benian du 6 juillet 2019 par exemple a proposé six mois pour l’organisation de l’élection présidentielle. Puisque l’élection se tiendra avant la fin de l’année, nous sommes dans les délais.
Le futur président élu aura pour mission principale d’engager des réformes politiques et constitutionnelles à la hauteur des aspirations populaires à la démocratie, à un Etat de droit, aux libertés et à des institutions légitimes et solides», dira M. Belhimeur qui considère que l’élection présidentielle n’est qu’une partie de la solution et à ce titre, elle doit être transparente et refléter les attentes du peuple qui acceptera l’organisation de cette échéance électorale si toutes les garanties sont mises en place. Pour ce faire, l’Instance chargée d’organiser l’élection doit être indépendante de l’administration, et ce, en plus de la constitution d’un gouvernement neutre et consensuel.
« Passer des slogans aux programmes politiques, une nécessité »
Le président de la commission politique, M. Ammar Belhimeur, a mis en exergue l’importance de passer «des slogans au programme politique au profit de toutes les catégories du peuple». Lors de son passage à notre Forum, M. Belhimeur qui est à la fois journaliste, juriste et politologue, a évoqué «l’absence des politiques au milieu des manifestations» pacifiques enclenchées depuis février dernier, précisant que «les chefs de parti sont appelés à traduire les slogans scandés dans les manifestations à un programme palpable en répondant aux aspirations du peuple».
Après avoir exprimé son mécontentement à propos du comportement de certaines personnalités qui entravent, hélas, le dialogue, M. Belhimeur a estimé : «Nous ne pouvons pas continuer ainsi et l’élection est la solution pour élire un président de la République qui aura les prérogatives pour lancer des réformes dans les différents secteurs ». Notre invité ajoute : «L’Algérie a signé des accords et des conventions avec des partenaires étrangers et Organisations non gouvernementales (ONG) qui commencent à pêcher en eau trouble, en instrumentalisant des Algériens à travers les réseaux sociaux pour semer le doute au sein du peuple à des fins qui ne servent pas les Algériens et leur avenir».
H. Hichem
Auteur: elmoudjahid
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