Il fût un temps où les auberges de jeunesse, chez-nous, faisaient le bonheur des étudiants, des chômeurs et de tous les jeunes qui ne pouvaient se payer des vacances, en Algérie où même à l’étranger. La fameuse carte d’adhérent, délivrée par ces structures à vocation touristique, pour des sommes modiques, semble perdre sa cote, pour ne pas dire tout simplement qu’elle a besoin d’une vague de fraîcheur déferlante afin de retrouver son aura et surtout son efficience.

A l’heure où, la tendance à l’échelle mondiale est à la promotion du tourisme de masse, il faut se réapproprier les auberges d’autant plus que l’Algérie, il y a quelques années seulement, détenait la troisième place, en termes de réseau, après l’Allemagne et la France. Les temps ont bel et bien changé, aujourd’hui, pour de nombreuses auberges lesquelles quand elles ne sont pas fermées, elles sont carrément transformées en dortoirs. C’est  en tout cas, l’état des lieux dressé par l’ex-SG de la Fédération algérienne des Auberges de jeunesse, Rabah Rezgane qui a rendu visite à notre journal. Le deuxième responsable de la FAAJ, en poste jusqu’en 2002, parle avec amertume de la situation de plus de 200 établissements, à l’échelle nationale, voués  à l’abandon, pour leur majorité, faute d’une stratégie ou plutôt d’une vision claire à même de rentabiliser ces centres d’accueil pour les jeunes lesquels sont censés jouer, de par leur vocation, un rôle crucial comme celui d’organiser des échanges entre les jeunes, en leur offrir des opportunités pour passer des vacances, avec un hébergement et une restauration, pour un coût symbolique, comparés à ceux proposés, par les hôteliers.
M. Rezgane, reviendra sur la création de la création de la FAAJ, en 1983, par le ministère de la Jeunesse et des Sports, à l’issue des travaux d’un congrès du FLN, sanctionnés par une recommandation entre autres mettant en exergue l’option de développement du tourisme des jeunes. C’est dans ce sens, dira-t-il que la Fédération algérienne  des Auberges de la jeunesse que fût prise la  décision d’adhérer à la Fédération internationale et l’Union arabe des Auberges de Jeunesse. L’ex-SG de la FAAJ, expliquera qu’en 1989, à la suite d’un congrès, auquel avait prit part le président de la Fédération Internationale des Auberges de Jeunesse ou  la IYHF, M. John Parffait. Ce sera, d’ailleurs, estimera-il, le début d’une nouvelle vision pour aller vers de l’idée de simples dortoirs pour les jeunes à des infrastructures  qui a comme principale vocation d’échange entre les jeunes. Un président et un SG ont   couronné les travaux de ce même congrès. Des formations au profit des gestionnaires  avaient été organisées, en Allemagne, France, en Suisse sur les systèmes de gestion. Et c’est ainsi, que l’idée de construire des structures autonomes. Ce qui a contribué, selon,  M. Rezgane, à l’émergence de nombreux problèmes, notamment ceux liés à  la gestion, d’autant plus que les auberges  continuent à dépendre des offices des établissement de jeunes alors qu’une bonne gestion des auberges renvoie avant tout au choix de personnel qualifié dans le domaine pour  valoriser ces structures. Il ajoutera par ailleurs que des propositions ont été faites  à la tutelle, depuis 1988 mais sans suite. Pis, un arrêté ministériel a été publié en 2016 mais  à ce jour, il n’a pas été appliqué, pourtant la date butoir de celui-ci est fixée au 31 décembre dernier. Aujourd’hui, l’ex-SG de la FAAJ  s’interroge sur le véritable rôle de la fédération qui n’a pas tenu son A.G depuis 2014 et appelle à la tutelle à intervenir pour l’élaboration d’une nouvelle feuille de route pour les auberges, en partenariat avec le ministère, les ODEJ, la FAAJ et les auberges de jeunesse, avec des objectifs tracés, à moyen et  long termes notamment sur les plans des systèmes d’information, de performance, de régulation sachant que l’Etat a mobilisé des  moyens financiers colossaux pour ce genre d’établissements. Il faut savoir conclura-t-il, que des auberges non homologuées activent et Alger demeure la seule capitale, du pourtour méditerranéen qui ne possède pas d’auberge, aujourd’hui.
     Samia D.      
 

Auteur: elmoudjahid
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