Soulever la question de la prise en charge de l’autisme, nous invite tous à une véritable prise de conscience eu égard aux nombreuses conséquences, aux drames auxquels sont confrontés les personnes autistes et leurs familles, qui, dans la majorité des cas vivent des situations quotidiennes difficiles. Une situation exacerbée par le confinement stricte imposée par la crise sanitaire actuelle. Pour les couples qui ont des enfants à bas âges, la période de confinement n’est pas simple à gérer. Elle l’est d’autant moins pour les enfants atteints de troubles de la sphère autistique.
Comprendre l’autisme
L’autisme est un trouble neuro-développemental qui
atteint la petite enfance avant l’âge de trois ans. Les personnes concernées
souffrent d’altérations qualitatives plus ou moins sévères de leurs capacités
dans trois domaines essentiels : l’interaction sociale, la communication
et le comportement.
Les personnes concernées par les troubles du
spectre de l’autisme (TSA). Semblent souvent isolées dans leur monde intérieur
et présentent des réactions sensorielles particulières.
Les personnes
atteintes d’autisme semblent peu accessibles aux autres. Elles établissent
difficilement les contacts nécessaires à la construction d’une relation
interpersonnelle, en particulier les contacts visuels. Le plus souvent, elles
ne répondent pas lorsqu’on les appelle. Elles sourient très rarement et
semblent ne pas comprendre les sentiments et les émotions des autres.
Confinement et enfants autistes
Les consignes actuelles que notre population
doit respecter, qui sont dictées par la crise sanitaire, sont de nature à préserver la santé des
citoyens de cette épidémie de coronavirus. De ce fait, chacun doit respecter toutes les consignes, les mesures barrières (type lavage de mains,
éternuements dans son coude, utilisation de mouchoirs à usage unique, pas de
contact physique rapproché), et le confinement, c’est-à-dire rester chez soi.
Mais ce confinement
est parfois mal vécu, surtout pour les jeunes enfants et leurs parents.
Mais sait-on exactement
ce que peut ressentir ou endurer un enfant autiste qui doit rester lui aussi
confiné?
Déjà en temps normal,
l’enfant autiste vit dans un monde à lui, dans une bulle. Il peine à communiquer
avec les autres dans la mesure où il présente
des anomalies comportementales, en
particulier une réticence au changement.
Un enfant autiste qui a pris l’habitude de sortir
avec ses parents, se retrouver du jour au lendemain entre quatre murs est une
situation choquante. Ce changement brutal, cette perte de repère est très mal
vécue par ce dernier.
L’autiste peut par ailleurs avoir des
réactions violentes. Il peut devenir brutal surtout quand c’est un grand garçon.
Il peut frapper, casser tout ce qui se trouve sur son chemin(…). Autant de maux
parmi tant d’autres qui engendrent un
véritable mal-être non seulement chez l’enfant, mais aussi dans la famille.
A quand un état des lieux?
Au Maroc, il n’y a pas de chiffres exacts
concernant l’autisme, comme c’est d’ailleurs le cas pour d’autres affections.
Aussi, nous allons nous contenter des chiffres d’un rapport de l’Association
Internationale de Défense des Droits Fondamentaux de l’Enfant atteint
d’Autisme, née en 2009. Il ressort de ce rapport que le nombre d’autistes au
Maroc (tous âges confondus) se chiffrerait entre 338.000 et 563.000. C’est une
estimation et nous pensons qu’en 2020, ces chiffres ont certainement connu une
augmentation importante et inquiétante et ce, au moment où très peu de choses
ont été jusqu’à présent réalisées pour les autistes.
En effet, ce n’est un secret pour personne de dire que de nombreux autistes
sont privés du droit à l’éducation. Il y a une absence de chiffres concernant
la prise en charge des personnes atteintes de troubles autistiques au Maroc. C’est assez déconcertant lorsque l’on sait
qu’environ 400.000 ou 500.000 individus sont concernés par ces troubles du spectre de l’autisme (TSA).
Face a ces réalités choquantes et très
pénalisantes tant pour les malades, leurs familles que la société, il y a
aujourd’hui un besoin urgent de faire un état
des lieux.
Les premiers signes, avant 3 ans
Les premiers signes évocateurs de l’autisme
se manifestent le plus souvent entre 18 et 36 mois. L’enfant est trop calme ou
au contraire trop excité. Il semble indifférent au monde sonore et aux
personnes qui l’entourent. Il ne répond pas à son prénom et ne réagit pas (ou
peu) aux séparations et aux retrouvailles. Il ne sourit pas (ou rarement) et
reste silencieux. Il ne regarde pas dans les yeux, ne joue pas à faire «coucou»,
ne pointe pas du doigt et ne cherche pas à imiter les adultes.
Ouardirhi Abdelaziz
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Auteur: M’hammed rahal
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