Stellantis a annoncé récemment la cession de l’intégralité de son activité d’autopartage Free2move au groupe allemand Mutares, une opération qui doit être finalisée d’ici la fin de l’année 2026. En fait, derrière cette transaction se dessine un choix stratégique plus large : celui d’un constructeur qui recentre ses investissements sur son cœur de métier, à savoir la conception et la production de véhicules, dans le cadre de son plan FaSTLAne 2030.
Avant de comprendre les raisons de ce désengagement, il convient de rappeler ce que recouvre l’autopartage. Le principe est simple : plutôt que d’acheter ou de louer un véhicule sur la durée, l’utilisateur accède à une flotte de voitures partagées, disponibles en libre-service dans les grandes villes, qu’il réserve et paie à l’usage, à la minute, à l’heure, voire à la journée, via une application mobile. C’est un modèle né avec la transformation numérique des usages de mobilité urbaine, porté par l’idée que posséder une voiture n’est plus toujours nécessaire, en particulier pour les trajets ponctuels en centre-ville.
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Justement, Free2move, la marque de mobilité de Stellantis, s’inscrivait pleinement dans cette logique. Lancée en 2016 par PSA pour accompagner la transition vers un modèle automobile centré sur l’usage plutôt que la propriété, elle avait renforcé son offre en 2022 en rachetant l’opérateur Share Now, lui-même né en 2019 de la fusion de Car2Go (Daimler) et DriveNow (BMW). Globalement, le service proposait des solutions de courte et longue durée, accessibles en continu, avec des flottes déployées dans quatorze villes réparties entre l’Europe et les États-Unis.
A ce jour, la décision de céder cette activité répond à plusieurs logiques bien précises. La première est stratégique : en effet, Stellantis applique depuis peu son plan FaSTLAne 2030, qui vise à concentrer les ressources du groupe sur les marques et les technologies jugées les plus porteuses de valeur, à l’image de Peugeot, Fiat, Jeep ou RAM. Dans le cadre de cette stratégie de rationalisation des investissements, les activités périphériques, non directement liées à la conception et à la vente de véhicules, ne figurent plus parmi les priorités.
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Aussi, l’autopartage reste une activité structurellement gourmande en capitaux, qui nécessite de renouveler et d’entretenir des flottes entières dans de nombreuses villes. Malgré sa présence en Europe et aux États-Unis, Free2move n’a pas généré les marges espérées par le groupe. Le nouvel acquéreur, Mutares SE & Co. KGaA, est un groupe allemand spécialisé dans la reprise d’activités industrielles. Il entend faire de Free2move une plateforme indépendante entièrement dédiée à la mobilité urbaine. Le projet annoncé prévoit une gestion renouvelée de la flotte internationale, la poursuite de la transition vers des véhicules 100 % électriques, ainsi qu’une attention particulière portée à l’expérience client et aux besoins des collectivités locales en matière de mobilité.
En devenant une entité autonome au sein du portefeuille de Mutares, Free2move devrait bénéficier d’une plus grande agilité de gestion, d’investissements dédiés à son développement et d’une flexibilité opérationnelle accrue ; autant d’atouts pour poursuivre sa croissance sur un marché de la mobilité partagée particulièrement concurrentiel. Stellantis, de son côté, indique s’être engagé à assurer une transition fluide pour les clients, les partenaires et les employés du service, dont l’application mobile devrait rester accessible sans interruption.
Auteur: David Jérémie
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