Il arrive très souvent que des informations croisées ici et là interpellent sans que, sur le coup, l’on sache vraiment pourquoi. On ressent quelque part l’importance de les garder en mémoire et on les met de côté en attendant de les associer à d’autres faits qui s’en rapprochent. 
Quand vous lisez les recommandations puis les conditions émises par les autorités pour permettre à un commerce d’exercer, vous vous demandez à qui les pouvoirs publics  s’adressent. C’est devenu évident que quand les uns se lancent dans des explications confuses sur les raisons qui freinent l’évolution de la situation tout en déniant à la réalité la contradiction qu’elle apporte aux propos, les autres répliquent en en faisant à leur tête. Un pied de nez du genre «cause toujours, tu m’intéresses». 
La perte de confiance entre responsables et  administrés n’est plus à démontrer. Elle est tellement sérieuse que l’on en est à se demander comment, sans tâtonner trop longtemps,  rétablir les liens rompus. En supposant que ces derniers aient jamais existé. Comment remettre de l’ordre dans ce qu’éprouve l’Algérie d’en bas, trop longtemps malmenée, pour rétablir le contact ? Cultiver de nouveau les illusions abandonnées pour des raisons qui n’ont jamais cessé de se manifester autant individuellement que collectivement ? À voir !  J’ai regardé faire ailleurs. Là où, cette année,  il n’a pas été possible de servir une chorba pour tous et je me suis demandée, en regardant remettre des denrées alimentaires dans un endroit où les personnes, en galère, venaient s’approvisionner, comment l’on s’arrangeait, chez nous, cette année, avec un virus qui s’est invité à la table du jeûneur. 
Elles nous étaient devenues familières ces mains généreuses qui, à chaque Ramadhan, se dévouent pour apporter de la légèreté dans la vie de ceux, nombreux, en quête de partage. Une solidarité au ralenti, dont l’organisation habituelle aura fortement été gênée par les risques de contamination et qui se manifeste autrement. Il n’est pas fortuit le malaise de ces voix qui nous disent ce qu’elles n’aiment pas de ce que l’on accorde aux espoirs et colères, aux dépits et désespoirs.   
M. B.

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