Le Temps-Hatem BOURIAL

Treize films seront projetés pour une découverte des réalisatrices autrichiennes dans le domaine du cinéma d’animation. L’ouverture du festival « Tricky Women » aura lieu lundi 8 mars à 15h en présence de Ulla Krauss-Nussbaumer, ambassadeur d’Autriche en Tunisie. 

L’ambassade d’Autriche en Tunisie et la station d’art de Bhar Lazreg organisent du 8 au 17 mars la première édition en Tunisie, du festival « Tricky Women ».

 

De Vienne à Bhar Lazreg 

Depuis vingt ans, ce festival accueille des jeunes réalisatrices autrichiennes avec de nombreux courts métrages qui défendent le regard des femmes sur la société. 

Pour la première fois en Tunisie grâce à l’appui de l’ambassade d’Autriche, ce festival autrichien de films de femmes permettra de découvrir treize courts métrages de réalisatrices originaires d’Autriche ou vivant dans ce pays.

Ces films ont été en premier lieu, présentés à Vienne, lors du festival »Tricky Women », la seule manifestation cinématographique au monde à se concentrer sur le travail des femmes réalisatrices de films d’animation.

Ces films sont extraits d’un programme intitulé  » Des voyages, des affaires de coeur et des périphéries » et ont entre autres particularités, celle de témoigner de façon succinte des sujets socio-politiques de premier plan. 

Le festival « Tricky Women » sera ouvert par Ulla Krauss-Nussbaumer, ambassadeur d’Autriche en Tunisie. Ce sont ses efforts qui ont permis l’organisation de ce festival « hors les murs », dans notre pays. L’ouverture du festival aura lieu le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale de la Femme. 

Le programme comprendra des oeuvres de Maya Yonesho, Susi Jirkuff, Ani Antonova et plusieurs autres réalisatrices.

Apres l’ouverture de cette première édition de « Tricky Women » en Tunisie, la programmation se poursuivra jusqu’au 17 mars selon le calendrier suivant. 

 

Le programme complet 

Mercredi 10 mars à 15h

« Linze Lust » de Maya Yonesho 

« Vermessung der Distanz » de Susi Jirkuff 

Jeudi 11 mars à 15h 

« The Outlander » de Ani Antonova 

« Shaul und Iwan » de Rebecca Akoun 

Vendredi 12 mars à 15h

« Contouring » de Veronika Schubert 

« Lieb Dich » de Sabine Groschup 

Samedi 13 mars à 15h

« Pangäa » de Beate Hecher et Markus Keim 

Dimanche 14 mars à 15h

« Who’s afraid of RGB » de Billy Roisz 

« In her Boots » de Kathrin Steinbacher 

Mercredi 17 mars à 15h 

Quatre films courts de Ana Vasof 

Les films seront projetés dans leur langue allemande originale et sous-titrés en français. Toutes les projections seront suivies de débats modérés par les animateurs de la station d’art B7L9. 

 

Les synopsis des films 

« Linze Lust » (Plaisirs de Linz) de Maya Yonesho 

Durée 3′ 

Autriche/Allemagne 2019

D’une durée de 3 minutes très intenses, ce film rappelle que le plaisir commence avec l’art culimaire, grâce à une caméra qui se dirige vers une grande tarte de Linz  et une main qui montre un dessin où se trouvent des carrés. 

Les carrés commencent à se dissoudre en points et changent de couleur jusqu’à ressembler à un   bâtiment de Linz. 

Maya Yonesho nous montre un « stop-motion film », avec des dessins qui prennent la fonction de panneaux indicateurs à travers la ville de Linz. Le travail est si habile qu’on ne sait plus si c’est la ville ou l’artiste qui détermine le tempo et le dessin.

C’est d’ailleurs une caractéristique des films de Maya Yonesho qui sont des visites guidées de la ville  grâce à la technique du « feuilletoscope » utilisant plus de mille dessins accompagnés des traces sonores de la ville.

« Vermessung der Distanz » (La mesure de la distance) de Susi  Jirkuff 

Durée 7′

Autriche 2019

Réalisé par Susi Jirkuff, ce film d’animation dure 7 minutes et a été réalisé en 2019. Ce film montre un  projet consacré aux quartiers urbains marginalisés, avec leurs habitants qui sont également des groupes sociaux confinés à la lisière du progrès social. Le film montre la « distance », l’anonymat de l’architecture, la déchéance, mais aussi le mouvement et l’interaction dans cet espace. Le langage audio-visuel du film est transparent et montre comment les lignes architectoniques et les bruissements se mélangent sous l’œil du spectateur. Susi Jirkoff utilise une composition de Joanna  Bailie qui a  été créée autour du projet « Happiness Machine » consacré au thème de l’économie du bien-être. 

« Who’s Afraid Of RGB ? » (Qui a peur de RGB ?) de Billy Ruisz

Durée 8’20

Autriche 2019 

Le film de Billy Ruisz se réfère au cycle des images de Barnett Newmann « Whos afraid of Red, Yellow and Blue”. Le film trouve aussi sa source dans la culture populaire, le cinéma en général et le film d’horreur en particulier.

Les corrélations entre les processus psychiques, (comme l’émotion) et les fonctions fondamentales du corps (comme la respiration) sont mises en scène par les vidéos.

  « In Her Boots » (Dans ses bottes) de Kathrin Steinbacher 

Durée 6’02

Autriche/Royaume-Uni 2019 

Les chaussures de randonnée sont le sol sous les pieds, la certitude qu’on existe. C’est le principe pour la grand-mère Hedi qui n’enlève jamais ses chaussures qui sont déjà trouées. Les gens du village se moquent sur des chaussures fatiguées. Seul son petit enfant compatit. C’est un film plein d’amour et de respect pour la génération des aînés, en particulier ceux qui souffrent de démence.

Kathrin Steinbacher qui vit en Grande Bretagne, a eté nominée dans la catégorie « Best British Animation Short ».

« The Outlander » de Ani Antonova 

Durée 5′

Autriche 2018

Ani Antonova  raconte avec son film d’animation le long et pénible  voyage du premier éléphant viennois Süleyman. Au seizième siècle, cet éléphant est arrivé via Ceylan et Lisbonne pour être finalement envoyé à Vienne. Un cadeau vivant pour l’empereur Maximilian II.

Plus de 5000 dessins tiennent l’animal en mouvement éternel. Ani Antonova entrelace dans son film des sources historiques et ébauche des œuvres d’époque dans ce portrait triste et erratique d’un animal portant le nom d’un sultan ottoman,  ennemi juré de la maison Habsburg.  

  « Shaul und Iwan » (Shaul et Iwan) de Rebecca Akoun 

Durée 9’50

Autriche 2019

Shaul chante et les gens commencent à danser, inattentifs à leur entourage et enveloppés de la musique Klezmer. Ce film raconte un élan, celui d’une amitié entre Shaul et Iwan et d’une rencontre de religions et communautés différentes.

  « Contouring » (Contours) de Veronika Schubert 

Durée 3’50

Autriche 2019

« Je suis tellement excitée d’essayer. Je vais mettre mes doigts ici »… Le monde des influenceurs est infini mais le vocabulaire et les attitudes sont interchangeables.

Veronika Schubert utilise  les motifs « Textile » et avec son animation « 2D », elle change la dimension et les contours. Devant nous, de nouveaux modèles et images se développent, tous couverts par les teintes diverses  d’un maquillage. Puis les pixels se floutent et tout

cela fait beaucoup de chichis dans un monde superficiel.

 « Lieb Dich » (Aime-toi) de Sabine Groschup 

Durée 8′

Autriche 2019

Un homme regarde une lettre avec beaucoup de passion. Il la hume, la palpe, la soupèse. Nous écoutons ses battements de cœur qui augmentent.  Lentement, il ouvre la lettre et sur le papier, les mots se changent en images, et les images se multiplient. Sabine Groschup se dédie dans son film au sentiment d’être amoureux et à l’intensité d’être ensemble. Le paysage romantique qui transforme deux cœurs enlacés est au cœur de son projet.

Puis quand l’homme referme la lettre, le son prend la place de l’image.  Nous écoutons alors un poème d’amour de la plume de Sabine Groschup 

  « Pangäa » de Beate Hecher et Markus Keim 

Durée 13’35

Autriche 2020

Beate Hecher et Markus Keim decrivent la vie quotidienne d’un fonctionnaire qui cherche le juste équilibre entre travail et vie privée. Tout à coup, la monotonie change, les alentours se transforment. Qu’est-ce qu’il reste ?

 Quatre films de Anna Vasof 

Autriche 2019

Cette série de quatre films dévoile les secrets des films d’animation. La magie et l’ humour qui traversent ces films sont perceptibles dès leur titre. Brèves, ces œuvres d’Anna V. s’intitulent  « Le mur en verre », « Discours explosif », « Cardiographe » et « Former des vagues ». Ces films très rythmés jouent avec la perception de la réalité  en la transfigurant en absurdité. Les titres des films sont souvent des formules, des proverbes qui sont repris á la lettre. Toutefois, la vie elle-même sait parfois être absurde comme le montrent ces films.

 

 

H.B

Auteur: letemps1
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