Marches par-ci, grève et sit-in par-là. La mobilisation contre le 5e mandat de Bouteflika et son clan est loin de s’estomper dans la wilaya de Boumerdès.
Bien que contestée par certains, la grève a été largement suivie hier encore, notamment par les commerçants et les transporteurs. Les files d’attente devant les boulangeries sont devenues courantes dans plusieurs villes de la région. Le lait a manqué dans toute la wilaya.
Selon nos sources, cette pénurie tant redoutée a été accentuée par l’arrêt momentané de la production au niveau de la laiterie de Boudouaou et son annexe de Rouiba. Parallèlement au mouvement de grève, des centaines d’avocats ont organisé des sit-in devant les six tribunaux de la wilaya pour dénoncer «la violation des lois de la République dans le but d’imposer la candidature du président sortant».
A Boumerdès, les robes noires ont boycotté les audiences avant de se rassembler devant la cour de justice où ils ont scandé des slogans plaidant pour le respect de la volonté du peuple. Même les greffiers étaient de la partie en joignant leur voix à celle des millions d’Algériens qui aspirent «au changement du système en place».
«Respectez la Constitution», «Algérie libre et démocratique», pouvait-on lire sur certaines pancartes. Pour Me Chenoun Nouara, les avocats sont les piliers de l’Etat de droit. «Certes, la corporation n’a pas joué son rôle par le passé.
Le 12 janvier dernier, une organisation de’avocats avait honoré le cadre de Bouteflika à Alger, mais la situation a changé et tant mieux. Nous devons être au devant des luttes pour le respect des lois du pays», a-t-elle déclaré.
Les avocats ont été rejoints peu après par des dizaines de lycéens. Munis de tambours, les élèves ont entonné aux côtés des robes noires des slogans hostiles au pouvoir en place.
A Zemmouri, des centaines de lycéens sont sortis dans la rue pour exprimer leur rejet du 5e mandat. Les manifestants ont tenté de rallier Boumerdès à pied, avant d’être stoppés par les forces de l’ordre à Seghirat. «L’avenir du pays compte plus que celui des individus. Si je rate l’année, je pourrais la refaire, mais si on n’agit pas pour sauver le pays maintenant, personne ne le fera à notre place, car le clan Bouteflika l’a mené à la dérive», s’écrie un élève de 2e année en langues étrangères.
A Naciria, des milliers de lycéens ont boycotté les cours avant de sillonner les rues de la ville en poussant une charrette. Idem à Bordj Menaïel et Boudouaou, où des grappes d’élèves du secondaire ont rivalisé d’humour, exhibant des pancartes montrant le président grabataire sous anesthésie accroché à son fauteuil présidentiel.
A Souk El Had, Beni Amrane et bien d’autres localités, même les collégiens sont sortis dans la rue, suscitant l’inquiétude des parents quant «aux conséquences de l’implication prématurée de leurs enfants en politique».
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Auteur: Hicham Chouadria
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