L’Association Beity a tenu, le 15 novembre 2025, son assemblée générale élective. Ses membres ont exprimé leur profonde préoccupation face au rétrécissement de l’espace civil et politique en Tunisie, ainsi que la dégradation de la situation des droits et libertés. Ils ont toutefois réaffirmé leur détermination à poursuivre leur engagement auprès des femmes et pour les femmes, dans la défense de la liberté, de la démocratie, de l’égalité et de la justice sociale.

L’assemblée générale a approuvé à l’unanimité les rapports moral et financier, avant de procéder à l’élection du nouveau bureau exécutif pour la période 2025-2028. La composition du nouveau comité dirigeante est la suivante :

Walid Larbi, président

Sana Ben Achour, trésorière

Rami Khouili, secrétaire général

Samia Fraoues, membre

Mehdi Baccouch, membre.

Dans son premier communiqué, le bureau élu a exprimé sa gratitude envers la direction sortante pour les efforts fournis afin de préserver les objectifs et la continuité de l’association malgré les difficultés et les restrictions rencontrées. Il a également réaffirmé son engagement à poursuivre le combat pour l’égalité réelle et totale, dans le cadre d’un État civil et démocratique.

Rétrécissement de l’espace civil et pressions sur les associations en Tunisie : un contexte alarmant pour la liberté et la démocratie

Depuis plusieurs mois, plusieurs organisations de la société civile tunisienne subissent des pressions croissantes et des mesures administratives restrictives. L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a été contrainte, fin octobre 2025, de suspendre temporairement ses centres d’écoute pour femmes victimes de violence, une décision contestée par l’association comme illégale et perçue comme une attaque contre les acquis du mouvement féministe.

Parallèlement, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a également vu ses activités suspendues pour un mois, dans un contexte de contrôles répétés et de tentatives d’intimidation visant à restreindre l’espace civil indépendant. Les autorités tunisiennes ont aussi décidé de suspendre pour un mois les activités du site d’information Nawaat, mesure inscrite dans le cadre du décret-loi n°88 régissant les associations et les structures recevant des financements étrangers.

Cette série de sanctions intervient dans un climat marqué par une enquête judiciaire ouverte en octobre 2025 visant des associations soupçonnées d’avoir reçu d’importants financements étrangers, notamment du réseau de la fondation Open Society de George Soros. Parmi les organisations visées figurent Al-Bawsala, FTDES, I Watch, Inkyfada, ainsi que plusieurs structures issues de la communauté LGBTQ+, comme Mawjoudin, Damj, Chouf et Shams.

À ce jour, cette enquête a conduit à la dissolution de 47 associations et au gel des avoirs de 36 autres.

S.H

Auteur: Sarra Hlaoui
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.