Les marches populaires pacifiques des vendredis de «l’union et de la solidarité», qui demandent le changement radical du système en place, mais qui veut perdurer dans la gestion du pays, se succèdent avec beaucoup plus de détermination à aller jusqu’au bout des revendications populaires.
Hier les citoyens et citoyens de la wilaya de Bejaia ont manifestés pour le quinzième vendredi consécutif depuis le 22 février et le quatrième depuis le début du Ramadhan. Comme lors des précédents vendredis, la mobilisation était au rendez-vous pour exiger le rejet total des élections du 4 juillet et le départ inconditionnel du système qui continuer à gérer le pays, alors que le peuple dans la rue revendique très fort et avec une seule voix leur départ après avoir failli à leurs responsabilités dans la gestion du pays durant leur règne des vingt dernières années. Selon les manifestants qui scandaient haut et fort des slogans contre le pouvoir en place, «le régime qui veut se maintenir coûte que coûte, prétextant un strict respect de la Constitution, refuse de répondre aux principales revendications du peuple : départ des 2B (Bensalah et Bedoui) et l’organisation d’une véritable transition démocratique.
Ils estiment qu’étant nommé pour gérer les affaires courantes, le gouvernement Bedoui va bien au-delà de cette mission avec des actions populistes pour se maintenir le plus longtemps possible.
Ils ajoutent que la volonté farouche et la mobilisation des manifestants depuis le 22 février ont donné raison à la rue qui rejette les élections du 4 juillet. Les manifestants, bravant les conditions pénibles du jeûne et de la chaleur, ont commencé à marcher après la prière du vendredi, vers la haute ville à travers les artères des cités CNS – Naceria, de la rue de la Liberté, le boulevard Amirouche et l’arrière-port pour regagner le siège de la wilaya. Des centaines de femmes, hommes, vieux, jeunes et beaucoup d’enfants battaient le pavé en brandissant le drapeau national au milieu des dizaines de pancartes sur lesquelles on lisait «Système dégage», «Makanche intikhabate maa el 3isabate» (Pas d’élections avec les bandes) et «Peuple source de pouvoir». Usant de leurs cordes vocales, les manifestants ont longuement scandé «Klitou Leblad Ya serakine» (Vous avez pillé le pays, voleurs), «Djeich, Chaab, Khawa Khawa» et «Djazair Horra, democratia». Pour ce 15e vendredi, les manifestants ont rendu un hommage au militant des droits de l’homme, le Dr Kamel-Eddine Fekhar, mort à l’hôpital de Blida après son transfert en urgence de l’hôpital de Ghardaïa.
Fekhar avait entamé au lendemain de son arrestation, le 31 mars dernier, une grève de la faim éprouvante qui a eu raison de sa santé qui se dégradait au fil des jours. Sa mort a soulevé une vague d’émotion et d’indignation au sein de l’opinion publique et de la classe politique.
M. Laouer
Auteur: elmoudjahid
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