Ce qui est vrai et définitif dans ce dossier, c’est que le 1er octobre 2019, la filiale camerounaise du groupe français Banque Populaire Caisse d’Epargne (BPCE) est passée sous pavillon marocain. En rachetant les 68,5% des parts de la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le Crédit (Bicec), le banquier marocain Banque Centrale Populaire (BCP) en a pris le contrôle.
Ce qui est également constant c’est que le 24 décembre 2019, la Bicec a publié, à travers son Directeur général adjoint, Rémy Raffi, un avis d’émission d’actions nouvelles. A travers cette opération de financement sur fonds propres, la banque veut faire passer son capital de 12 milliards Fcfa actuellement, à 37,08 milliards Fcfa.
Ce qui est aussi vrai, c’est que des avocats camerounais, Michel Janvier Voukeng et Guy-Alain Tougoua conteste en justice, la légalité de la cession par BPCE de ses parts à BCP. Les deux avocats estiment, entre autres, qu’ «après avoir fait perdre à la Bicec plus de 50 milliards Fcfa en fautes de gestion managériales, le groupe BPCE, dans le cadre de la compensation automatique entre son actif et son passif, ne dispose plus d’aucune action à vendre dans le capital de la Bicec». Ils ont donc déposé une requête au tribunal de Première instance de Bonanjo à Douala, le 4 octobre 2018.
Est en revanche inexacte et même malveillante l’allégation selon laquelle les Marocains auraient pris l’option d’exclure les Camerounais du capital de la Bicec. L’Etat du Cameroun et d’autres agents économiques camerounais y sont actionnaires. Mieux, le 27 janvier 2020, la Bicec a rendu public un communiqué annonçant le report jusqu’au 31 mars 2020 (la borne initiale avait été fixée au 19 janvier 2020) de la période de souscription des actions nouvelles dont l’avis d’émission avait été publié le 24 décembre 2019. Motif de ce report, selon la banque, sa volonté de «favoriser la participation des actionnaires nationaux de Bicec à cette importante opération (d’augmentation du capital, ndlr)». Il n’y a donc pas, de la part de la Banque, une volonté d’exclure les Camerounais de son capital.
Est tout aussi fausse et tout aussi malveillante, la rumeur sur la prétendue illégalité de la procédure d’augmentation du capital de la Bicec au motif que la justice a déjà été saisie en contestation de la légalité de la cession des parts du français BPCE à BCP, et dont le but manifeste est de décourager certains actionnaires nationaux à prendre plus de parts du capital de l’entreprise. Cette opération a bien reçu l’aval des autorités bancaires et monétaires nationales et sous-régionales.
Enfin, il est erroné de laisser croire que cette opération concerne tous les investisseurs camerounais. Les parts du capital émises ne sont adressées qu’aux actionnaires camerounais actuels de la banque.
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Auteur: Nasser Ngoume
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