Parmi les animaux, les oiseaux et les insectes répertoriés au titre de la biodiversité  dans notre pays, nous avons quelques précieux auxiliaires qui nous aident à protéger  les récoltes. Il faut bien les connaître et, autant que faire se peut, en favoriser la multiplication.

Dans la campagne algérienne par exemple, les oiseaux —notamment la cigogne— sont considérés comme des auxiliaires indispensables de l’agriculture. Ils se font, pour ainsi dire, les gardiens des récoltes. Armés d’un bec fin, dotés d’une vue perçante, ils savent fouiller les herbes, la terre, les arbres, y découvrir les larves, les insectes. Tantôt ils ne mangent que des insectes, tantôt ils se nourrissent à la fois d’insectes et de grains, et même dans ce cas, la nourriture qu’ils prélèvent sur les récoltes représente bien peu de chose auprès des dommages causés par les insectes qu’ils détruisent

La cigogne blanche —«Ciconia-Ciconia»—, puisque c’est l’oiseau qui nous intéresse, est l’un des plus grands échassiers d’Algérie. Elle est reconnaissable à son long bec, à ses pattes rouges, à son grand cou, à sa queue brève et à son plumage blanc et noir. Son allure est imposante. Sa taille est de 100 cm en moyenne. La cigogne blanche est ainsi entourée d’un mythe intelligent destiné à la protéger. Nos aïeux la qualifiaient de saint ou de marabout, du temps où les croyances populaires étaient si bien ancrées dans les mentalités. Tuer une cigogne était pour eux un grand péché (sacrilège ?) dans la mesure où cet oiseau était considéré comme sacré, à l’instar de la vache en Inde. A bien observer la cigogne, on ne peut en effet que donner entièrement raison à nos ancêtres, lesquels ont entretenu ce mythe pour la préserver des prédateurs et des braconniers. Cet oiseau migrateur est, en effet, d’une importante utilité pour l’agriculture, particulièrement pour les céréales. 

… cet oiseau ne touche jamais aux épis de céréales encore debout

La cigogne arrive généralement en saison chaude, à partir d’avril-mai, pour nidifier sur les lieux habituels tels les sommets de minarets de mosquées, les toits des maisons ou les cimes des peupliers. Avec l’éclosion des semences, elle commence aussitôt son travail de nettoyage de tous les parasites nuisibles aux semences en germes tels la chenille, la sauterelle locale, le lézard et toute une multitude d’autres espèces d’insectes qui se nourrissent des germes de céréales. 

A leur maturité, les épis de blé, d’orge, d’avoine, de fèves, etc. font les frais de prédateurs voraces que sont les rats, mulots… A son tour, la cigogne se nourrit de ces bêtes qu’elle chasse sans répit du matin au soir. Non seulement elle en ingurgite plus d’un kilo par jour, mais elle nourrit aussi sa nichée de cigogneaux. La cigogne est aussi friande de scorpions et de serpents dont elle réduit sensiblement le nombre et les piqûres provenant de ces deux espèces.    

 Aussi bizarre que cela puisse paraître, cet oiseau ne touche jamais aux épis de céréales encore debout. Elle se contente seulement de ramasser ceux tombés à terre et abandonnés par les moissonneurs. En allant se désaltérer, la cigogne ne se contente pas seulement de boire, mais elle procède aussi au nettoyage des sources et cours d’eau en les débarrassant des asticots, des grenouilles, des limaces et de toutes sortes de vers. Voilà un oiseau à maints égards utile, qui en tout cas doit être protégé par des lois sévères.  

Kamel Bouslama

Auteur: elmoudjahid
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