Malgré la chaleur suffocante, des centaines, voire des milliers de Bouiris ont manifesté hier, pour le 25e vendredi consécutif, afin de réclamer un changement radical du système.

Dès 13h30, les premiers groupes de marcheurs arrivent sur la place des Martyrs, puis se dirigent vers les alentours du siège de la wilaya de Bouira. Le drapeau national et l’emblème amazigh flottent côte à côte sous les regards de quelques policiers qui observent de loin la foule grandissante. «Makanch hiwar mâa el îssabate !» (Pas de dialogue avec les bandes)  ; «Gaïd Salah, Ben Salah, yetnahaw gaâ !», scandent les premiers manifestants arrivés sur les lieux.

Quelques minutes plus tard, d’autres carrés de marcheurs arrivent au carrefour, près du siège de la wilaya, point de départ de la marche. Sous plus de 40°, hommes, femmes, vieux et jeunes sillonnent les grandes artères de la ville de Bouira. Tout au long de la procession, les appels à la libération de tous les détenus d’opinion sont réitérés : «Ettalgou wladna, yal haggarine !»

«Ces jeunes détenus passeront l’Aïd dans des cellules de prison alors qu’ils n’ont commis aucun crime. C’est de l’injustice ce qui se passe», dénonce sexagénaire.
Karim Younès, coordinateur du panel de dialogue, et Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP, sont pris pour cibles par les manifestants qui réclament leur départ et avec eux le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah. Les quelques pancartes soulevées lors de ce 25e vendredi sont des réponses aux dernières déclarations du chef d’état-major qui a insisté sur la tenue de l’élection présidentielle dans les plus brefs délais. «La présidentielle mettra en place une potiche au service de ses maîtres.

La transition permettra de bâtir un Etat civil, démocratique et stable. Panel dégage !» ; «C’est aux Algériens et à eux seuls qu’il revient de décider» ; «La désobéissance civile arrive», lit-on sur des pancartes.

Les manifestants ont dénoncé l’attitude de certains médias publics et privés qu’ils ne veulent même pas nommer, les accusant notamment d’«être à la solde du plus fort» et de «retournement de veste et de trahison du peuple dans sa révolution».

Vers 16h, la foule amassée au centre-ville commence à se disperser dans le calme. Aucun incident n’a été enregistré en ce 25e vendredi du hirak à Bouira.

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Auteur: Hicham Chouadria
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