Les étudiants de l’université de Boumerdès ont prouvé, hier encore, leur détermination à poursuivre le combat pacifique pour le changement du système en place et le départ de tous ses symboles.
Contrairement aux prévisions du pouvoir qui misait sur l’essoufflement du mouvement en ce mois de Ramadhan, ils étaient des dizaines, entre garçons et filles, à avoir sillonné les ruelles de la ville en scandant des slogans rejetant «la feuille de route de Bensalah et les déclarations de Gaïd Salah qui appelle à une chose en soutenant son contraire».
De nombreux enseignants ont tenu aussi à participer à la marche pour, disent-ils, encourager les étudiants à maintenir la mobilisation.
Malgré la chaleur et la fatigue dues aux effets du jeûne, les manifestants affirment qu’ils sont décidés à manifester tous les mardis jusqu’à satisfaction de leurs revendications. «Sanassir Sanassir, fi Ramdhan ou l’Aid el seghir», «Koul smana khardjin, saymin oula fatrin heta yahdouth el ta3yir (Chaque semaine nous sortirons, peu importe si nous avons jeûné ou mangé, et ce, jusqu’au changement de système», ont-ils répété tout le long de l’itinéraire. Une pancarte fièrement brandie par une étudiante «prie ceux qui pensent que c’est impossible de ne pas déranger ceux qui essaient».
Et une autre affiche de renchérir : «Ils veulent nous réduire au silence, ils n’auront que notre résistance.» Commentant l’incercération de Saïd Bouteflika, Tartag et Toufik, certains manifestants parlent de règlements de comptes et d’instrumentalisation de la justice.
«On a arrêté ceux qui ont comploté contre Gaïd Salah et laissé ceux qui complotent contre le peuple», lit-on sur une pancarte brandie au début de la procession. Intervenant dans ce sens, un enseignant reproche au chef d’état-major Gaïd Salah de vouloir maintenir le statu quo.
«D’une part, il dit que je suis avec le peuple, de l’autre il tient aux élections, alors que le peuple refuse que celles-ci soient organisées par ceux qui ont excellé dans le bourrage des urnes par le passé», a-t-il souligné, reprochant à Gaïd Salah de faire fi de la volonté populaire.
Marchant à pas pressés, un étudiant portant un gilet orange se dit contre ceux qui appellent à une grève illimitée au sein de l’université. «La tutelle parle d’une année blanche et fait tout pour nous inciter à quitter les campus afin d’affaiblir le mouvement.
La grève doit être observée uniquement les mardis. Et le reste de la semaine, on est censés suivre les cours le plus normalement du monde», plaide-t-il. Arrivés devant la cour de justice, les manifestants se sont assis à terre avant de répéter en chœur les slogans entonnés à l’aide de mégaphone par un de leurs camarades. Des slogans qui réclament le départ de Bensalah et la démission de Bedoui, traités de tous les maux.
«Issaba dja wakt el mouhassaba, cellula chehal meliha ou soupa chehal benina (ô gang, le temps de rendre des comptes est venu, la cellule est bonne et la soupe est délicieuse», ont-ils crié à l’unisson. Les marcheurs ont aussi dénoncé les tentatives de division du mouvement, soulignant qu’ils sont conscients et assez mûrs pour déjouer les plans des thuriféraires du régime.
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Auteur: Hicham Chouadria
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