Attisée par les lobbies anti marocains, la crise entre Bruxelles et Rabat sur fond d’accords agricoles a poussé la CGEM à se faire seconder par un célèbre cabinet d’influence américain. 

Le bras de fer engagé par les « ennemis » du royaume au niveau de la commission européenne, s’il vise avant tout à créer des précédents fâcheux pour le Maroc dans ses provinces sahariennes, touche directement par ricochet les entreprises Marocaines qui exportent vers l’Europe. Tout le monde a d’ailleurs suivi les campagnes anti marocaines et les descentes musclées des agriculteurs français et espagnols qui se sont attaqués plus précisément aux fameuses tomates cerise à «0,99 euro la barquette», de l’entreprise marocaine Azura, proposées dans les supermarchés de ces pays.

Face à ces offensives payées rubis sur ongle, la CGEM n’a pas trouvé d’autres alternatives que de signer un contrat avec l’une des plus grosses agences d’influence américaine très active à Bruxelles.

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Boldt BPI Group, qui avait conduit les campagnes de communication de Barack Obama et de Joe Biden a été choisi par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) pour défendre le dossier du royaume devant les instances européennes autour des accords de libre-échange agricoles et de pêche qui ont été notamment annulés par décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), le 4 octobre 2024.

D’autant plus que les multiples échéances électorales en Europe laissent présager la victoire des leaders de l’extrême droite , qui sont loin d’avoir des atomes crochus avec le royaume. Et le pire, c’est que la montée du populisme est exacerbée par le dossier épineux de l’immigration. Auxquels on peut  ajouter une géopolitique de plus en plus incertaine.

Spécialisés dans les campagnes politiques, BOLDT BPI dispose ainsi d’un vaste réseau de six bureaux en propre en Europe – Bruxelles, Berlin, Genève, Oslo, Londres et Zurich – et un réseau de partenaires stratégiques à travers l’UE et le monde qui lui permet de pratiquer un lobbying efficace doublé d’un accompagnement en matière de stratégie, de communication et d’engagement politique, en gestion de crise et campagnes politiques. Le dossier marocain est d’ailleurs géré par John Duhig et Jeremy Galbraith qui avaient été chargés auparavant, de défendre le dossier du Maroc, du Portugal et de l’Espagne pour décrocher  l’organisation de la Coupe du monde de football en 2030, quand ils travaillaient dans l’agence de relations publiques BCW (ex-Burson-Marsteller).

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Le cabinet américain qui avait réussi avec brio la campagne de communication de Obama et celle de Biden, gère également une  vingtaine de grosses entreprises internationales dont la géant de restauration rapide américaine McDonald’s, Google ou encore Google ou, Aramco Overseas Company BV.

En même temps, conscient qu’il ne faut plus mettre ses œufs dans le même panier, le royaume a commencé à brasser large pour diversifier ses partenaires agricoles de façon à ne plus rester prisonnier des diktats de l’Union Européenne concernant ses exportations de produits agricoles. Ainsi, le Maroc est parti à l’assaut de marchés aussi gigantesques que les marchés russes ou américains. Grand bien lui fasse, puisque en 2025 rien qu’entre octobre 2024 et janvier 2025, les États-Unis ont importé pour 19 millions de dollars de fraises surgelées en provenance du royaume, soit  7.900  tonnes de fraises importées, ce qui correspond à une progression de 22% par an.

Auteur: Abdelaziz Bouabid
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