Six risques guettent la locomotive budgétaire camerounaise après le coup d’accélérateur donné le 13 janvier 2026 à Ngaoundéré par Louis Paul Motaze, ministre des Finances.
Le train du budget 2026 de l’État du Cameroun est désormais à grande vitesse. Le lancement officiel dudit budget, le 13 janvier 2026 à Ngaoundéré, par Louis Paul Motaze, ministre des Finances, a revigoré les réacteurs de la locomotive. Le montant du budget de l’État, en recettes et en dépenses, est évalué à 8 816,4 milliards de Fcfa, soit une augmentation de 1 080,5 milliards de Fcfa (+14 %) par rapport à la loi de finances rectificative de 2025.La boussole de régulation prend en compte les politiques budgétaires ayant concouru à l’élaboration du budget 2026. Elle retrace l’ensemble des mesures et procédures nécessaires à une exécution efficace et harmonieuse du budget.

Après les exposés d’Augusta Arrey Tabeyang, chef de la Division du contrôle des opérations budgétaires à la Direction générale du Budget, de Fayçal Abdoulaye, chef de la Division de la législation et des relations internationales à la Direction générale des Impôts, de Yves Patrick Tchami, chef de la Division de la législation et du contentieux à la Direction générale des Douanes, de Théophile Tsala Eloundou, conseiller technique n°2 au ministère des Marchés publics, ainsi que celui du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, il est capital de souligner six grands risques liés à l’exécution du budget 2026.Le premier risque est celui du défaut de sincérité et de soutenabilité des budgets des autres entités publiques, dont les rendements ne concourent pas suffisamment à la mobilisation des recettes. Cette situation pourrait provoquer une augmentation de la dette, alors même que les emprunts ont été plafonnés à 2 996,8 milliards de Fcfa.Par ailleurs, le budget prévoit l’épurement d’une partie de la dette à hauteur de 2 473,4 milliards de Fcfa, sans oublier les dépenses liées aux intérêts de la dette, plafonnées à 532,5 milliards de Fcfa. Le risque majeur demeure donc celui de la mauvaise gouvernance, susceptible de découler d’une gestion approximative.Le deuxième risque concerne la forte dégradation des conditions climatiques dans les bassins de production. L’Adamaoua, l’un des plus grands bassins de production du Cameroun, peut être cité en exemple. Les aléas climatiques, accentués par les contre-saisons, demeurent difficilement maîtrisables. Cette situation pourrait impacter négativement les recettes non fiscales attendues à hauteur de 400 milliards de Fcfa, ainsi que les recettes fiscales estimées à 3 446,2 milliards de Fcfa.La conséquence immédiate est le troisième risque, lié au non-recouvrement optimal des recettes des collectivités territoriales décentralisées.Sur le plan national toujours, l’aggravation de la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord pourrait sérieusement peser sur les finances publiques, notamment sur les dépenses de personnel estimées à 1 626,2 milliards de Fcfa, les dépenses de biens et services plafonnées à 1 192,7 milliards de Fcfa, ainsi que les dépenses d’investissement évaluées à 2 031,2 milliards de Fcfa.

Risques internationaux
Les deux autres risques relèvent du contexte international, avec la persistance de la crise russo-ukrainienne et les tensions au Moyen-Orient. La conséquence directe est le risque d’une baisse durable des cours mondiaux des matières premières exportées par le Cameroun, en particulier le pétrole brut.
Or, les recettes pétrolières et gazières attendues s’élèvent à 1 243,2 milliards de Fcfa.Cette présentation illustre la nécessité d’une prise de conscience collective dans la gestion des politiques publiques et dans la lutte contre la corruption. Louis Paul Motaze a donné le ton à Ngaoundéré. Aux autres administrations et entités publiques de jouer, avec sincérité et responsabilité, leur partition.
Léon Mgba
Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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