L’ouverture par l’appareil judiciaire de plusieurs dossiers liés à des faits de corruption, de malversations dans la gestion et la dilapidation des deniers publics, et autres anomalies dans le fonctionnement de la sphère financière et celle des affaires, dénote la détermination de l’État à lutter contre la corruption sous toutes ses formes. Aussi, la justice, aujourd’hui libérée des injonctions, est censée aller jusqu’au bout des missions qui lui sont dévolues, pour instaurer une dynamique pérenne dans le cadre de la lutte contre ces phénomènes qui ont gangrené à tous les niveaux les institutions de l’État. Nouvelle offensive, nouveaux défis pour une institution aussi stratégique que celle de la justice appelée à contribuer à la moralisation de la vie publique. Une revendication que véhicule le mouvement populaire depuis le début et qui s’intensifie au rythme des poursuites judiciaires visant d’anciens hauts responsables et fonctionnaires de l’État, hommes d’affaires et cadres dirigeants, ciblés par des enquêtes préliminaires dans des affaires de corruption et d’abus de fonctions, les compromissions étant tissées aux plus hauts niveaux des cercles décisionnels, entre le monde du business et le pouvoir politique, au détriment des intérêts de la nation. L’action de la justice, qui reste centrale dans l’édifice de l’État de droit, dévoilera certainement d’autres affaires dans les prochains jours. Selon certaines sources, les instructions suivront leur cadence et devront toucher d’autres proches du système. Une décision qui a suscité un sentiment de soulagement après des citoyens, mais qui doit être renforcée pour bannir cette méfiance qui régit les relations entre le peuple et ses gouvernants. Les faits et évènements qui se succèdent confirment cette volonté des hautes autorités de l’État à vouloir s’attaquer à tous ces maux et fléaux. Toutefois, juristes et experts sont unanimes sur la nécessité de mettre en place les mécanismes appropriés, et bien plus, de revoir tout un système de façon à consolider les missions de la justice, à spécialiser ses champs d’intervention, notamment dans le domaine économique, en ce qui concerne les affaires financières complexes, au plan de l’investigation, de la poursuite et de l’instruction des infractions financières de grande complexité, et les infractions connexes, comme la corruption, l’évasion et fraude fiscales, les financements illicites et les infractions et irrégularités dans la sphère financière, mais surtout à renforcer davantage son indépendance. Il sera question de donner à la justice les moyens de sa politique, qui renforcent, en définitive, son intervention, améliorent l’exercice de sa fonction et lui confèrent les marges de manœuvre qui lui permettent d’assumer pleinement ses responsabilités, et, beaucoup plus, d’acquérir la crédibilité de son action. Une crédibilité aujourd’hui indispensable à la notoriété de la justice, d’autant plus qu’elle est projetée «devant une responsabilité historique décisive», comme vient de l’affirmer le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Slimane Brahmi.
    D. Akila

Auteur: elmoudjahid
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