Les entraves à l’activité des Cafés littéraires activant à Béjaïa font perdre patience à certains des animateurs de ces espaces de débat libre qui se rebiffent. Ceux du Café littéraire de la ville de Béjaïa (CLB) appellent à un sit-in aujourd’hui, à 10h, devant le siège de la bibliothèque principale pour dénoncer l’interdiction qui leur est signifiée, encore une fois, de tenir leurs rencontres dans cet établissement public relevant du secteur de la culture. L’action d’aujourd’hui sera saisie pour mettre les premiers jalons pour la création d’un «comité de défense des libertés».

«Le Café littéraire fait face à un rétrécissement intolérable de ses espaces d’expression», écrit le CLB dans sa déclaration-appel chargeant le directeur de la culture de la wilaya. «La salle de conférences de la bibliothèque principale nous a été interdite depuis neuf mois sans motif aucun. Le directeur de la culture l’octroie à qui il veut et la refuse à qui il veut. Cet espace culturel public se voit ainsi privatisé par un fonctionnaire payé avec l’argent du contribuable normalement pour œuvrer à l’épanouissement culturel de la wilaya de Béjaïa. Mais, c’est à une situation inverse à laquelle on est confronté. Une situation que tout le monde connaît», dénonce le Café littéraire avec des termes qui traduisent un ras-le-bol d’une situation qui dure et qui irrite.
Le 25 décembre dernier, il avait informé l’opinion publique que ses activités au sein de la bibliothèque avaient été «soumises à l’autorisation de la gendarmerie», un préalable qui a étonné plus d’un, avant que l’administration ne fasse marche arrière et revienne une nouvelle fois à la charge en fermant les portes à la face des animateurs du CLB.

L’appel à réagir en masse à ces interdictions répétées est adressé à toutes les franges de la société, surtout aux animateurs associatifs, artistes et écrivains, desquels il est attendu plus d’implication pour se réapproprier les espaces d’expression et «imprimer une nouvelle dynamique d’action culturelle digne de celle que nos citoyennes et citoyens sont en droit d’attendre». Il est attendu des animateurs de l’action d’aujourd’hui d’en dire plus sur certains des points de dénonciation affichés dans leur appel, notamment ceux dénonçant «la politisation des initiatives culturelles engagées par les pouvoirs publics» et «l’affairisme culturel».

Au-delà de la dénonciation, les manifestants qui répondront à l’appel du CLB exigeront l’ouverture continuelle, sans restrictions et sans exclusion, de tous les établissements culturels de la wilaya dont les bibliothèques.
L’exigence, légitime du reste, est aussi celle de combattre la médiocrité ambiante par la qualité dans les programmes culturels organisés ou chapeautés par les pouvoirs publics. L’appel du CLB soulève aussi le dossier de l’ancien siège du tribunal, en cours de réhabilitation, qui a fait l’objet de multiples promesses d’affectation depuis le temps de la ministre Khalida Toumi.

Annoncé pour abriter une annexe de l’école des beaux-arts d’Alger, l’édifice a été proposé pour être une école de musique, annexée à celle de Bouira. «Une opération douteuse», selon le CLB qui s’en est pris, dans une précédente déclaration, au directeur de la culture, qu’elle a rendu coupable de vouloir «liquider le Café littéraire de Béjaïa». Celui-ci n’a pas réagi à ces accusations publiques.

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